![]() |
|
Spaces home Lectures, écritures et é...PhotosProfileFriendsMore ![]() | ![]() |
Lectures, écritures et états d'âme"It's just a jump to the left"
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
September 28 Poème du dimanche - AragonJe me souviens d'un village désert (…) Je me souviens de tant de choses
Louis Aragon, La Grande Gaîté, « Poème à crier dans les ruines » (extraits), 1929. September 25 Portrait de voyageuse (28)"J'adore les enfants. Souvent, ils me le rendent bien. Quel que soit l'âge qu'ils ont.
*
Je n'aurai jamais d'enfant. Ce n'est pas un choix, c'est comme ça. C'est la vie! C'est ma vie, je ne peux pas en changer et je l'ai acceptée telle qu'elle était. Quelquefois, ça me rend triste. ça arrive sans prévenir; ça prend à la gorge, et puis ça passe. Il faut bien. C'est même assez vivable, la plupart du temps. Le temps passe tellement vite, le boulot m'en prend une grande partie, avec tous ces enfants des autres à s'occuper; le reste est mangé par la maison, les copains.
*
Nous n'aurons pas d'enfant. C'est ce qu'ils viennent de nous dire, à Tours. Dans ce train qui me ramène vers chez moi, j'ai l'impression que tout le monde me regarde et le lit sur mon visage.
*
"Et toi, t'as des enfants? -Non. - ... T'en veux pas? - Si. On peut pas. - Ben , t'as qu'à adopter."
"T'as qu'à adopter". C'est si simple, n'est-ce pas, dans l'esprit des autres? Comme si ça ne m'était jamais venu à l'idée. Et comme si c'était si facile à se dire. La parole tellement facile de celui qui ne s'est jamais retrouvé dans la perspective de devoir demander un permis d'avoir un enfant, de s'entretenir avec des gens qui vont vérifier que je serai potentiellement une bonne mère, comme si je l'étais moins que ma voisine, ma cousine ou la première mère que je croise dans la rue. Et il y a la radio des poumons. C'est donc les poumons, le siège de la capacité d'amour?
*
C'est marrant comme ça peut créer des réactions étranges et des sentiments de gêne, chez les autres. Cette interrogation jamais posée (de savoir pourquoi on n'a pas d'enfant: est-ce par ce qu'on n'en veut pas ou parce qu'on ne peut pas en avoir? Interrogation d'autant plus tue que les gens ne savent pas très bien laquelle des deux réponses serait la moins gênante pour eux finalement), qui fait marquer un temps d'arrêt lorsqu'il s'agit d'évoquer qu'une telle ou une telle attend un bébé... Alors, on se protège comme on peut. Moi, j'évite tout contact trop intime ou prolongé avec un nourrisson (ce qui laisse à penser à beaucoup, je crois, que je n'ai pas la fibre maternelle; ce que je n'ai jamais démenti; ça servirait à quoi?). Je veux bien le prendre dans mes bras, le bercer, mais pas trop longtemps. Et je refuse toujours de le nourrir, quand on me le propose. Pas parce que je ne saurais pas (je sais que je sais) mais parce qu'on ne peut manquer réellement que de ce qu'on a perdu. Et je ne veux pas que ce geste-là un jour, vienne à me manquer. Après lorsque l'enfant grandit, c'est plus facile. Parce que c'est le moment du jeu, de l'éveil. Un contact moins maternel que celui de nourrir un enfant."
September 21 Perle du jourLa professeure: "elles ne valaient pas la peine de faire partie de l'Histoire, ni de figurer dans les Mémoires de hommes d'Etat, des alpinistes et des monstres sacrés": quelqu'un peut expliquer ce qu'est un monstre sacré?
L'élève, fièrement: un dragon, m'dame!
September 11 A quoi ça sert?"Le grec, ça sert à rien."
La première année où j'ai enseignée au collège, un élève de français m'avait dit que c'était le cours de français qui ne servait à rien: il n'avait pas besoin de connaître le nom des temps verbaux pour savoir parler français.
Sauf que là, cette phrase ne sort pas de la bouche d'un élève, mais de la bouche d'un enseignant. D'un collègue, donc. D'un intellectuel, aussi... Ou plutôt d'un "qu'a fait des études" (parce qu'un intellectuel - dans l'acceptation positive du mot- n'aurait jamais sorti -j'ose le croire- une phrase pareille. L'idée même -je pense- ne lui serait pas venue).
On m'avait déjà sorti ça pour le latin aussi, il y a quelques années: "Le latin, ça sert à rien". Un collègue. Encore. Dont j'ai oublié le visage et le nom au plus vite.
Parce qu'au fond, il (ou elle: car je n'ai pas demandé qui c'était et je n'ai pas trop envie de le savoir d'ailleurs, de peur d'être déçue) n'a pas tort, du point de vue du savoir strictement utilitaire, économique, et marchand (quoique, si ça sert, au fait: ça donne des points en plus pour le brevet des collèges!): dans la vie de tous les jours, 95% de la population française vit très bien 90% de son temps sans le grec et sans le latin réunis. Sans le lancer de javelot ou le triple saut non plus d'ailleurs, sans l'allemand ou l'espagnol; sans Debussy; sans connaître les causes de la Guerre de Cent ans, sans Molière, sans avoir lu un poème d'Aragon... La liste serait longue s'il fallait énumérer tous les savoirs qui ne sont pas directement utilisables au quotidien, au boulot ou pour faire sa lessive...Et proportionnellement courte celle des "connaissances" dont tout le monde se sert tous les jours. Heureusement que l'école joue encore ce rôle de donner aux élèves des savoirs qui viennent nourrir leur façon d'être au monde, d'être aux autres et leur imaginaire! Bref, de grandir et de devenir des adultes autant que possible épanouis.
Et pourtant, qu'il a tort ce collègue! Notre langue, notre manière de penser, nos sciences, nos techniques, c'est bien à ces Grecs, aux Romains et à leurs langues que nous les devons.
Oui, il (ou elle) a tort.
Au delà de mon très subjectif parti-pris (car il n'est pas un seul instant où je n'ai pas la conscience de leur héritage, pas un seul instant où un Romain ou un Grec ne m'accompagne. Et pas seulement quand je lis un roman, prépare l'explication d'un poème pour mes 3èmes, ou celle d'un point de grammaire, ou d'une leçon de vocabulaire. Pas seulement parce que leurs mythes ont autant habité mon imaginaire de petite et de jeune fille que les contes des frères Grimm ou de Perrault)! September 10 Borges, l'Auteur"Un homme se fixe la tâche de dessiner le monde. Tout au long de l'année, il peuple l'espace d'images de provinces, de royaumes, de montagnes, de golfes, de vaisseaux, de maisons, d'instruments, d'astres, de chevaux et de personnes. Peu avant de mourir, il découvre que ce patient labyrinthe de lignes trace l'image de son visage." September 04 Chose qui égaye une rentréeA la sonnerie de fin du cours de français de 4ème, tout un choeur qui s'étonne: "Déjà?"
September 03 Qui est-ce qui rentre?C'est toujours la même chose, ma rentrée: la semaine d'avant, j'ai plein de boutons qui me poussent sur le visage; je dors mal pendant les trois nuits qui la précèdent ; la veille, c'est le summum de l'insomnie! et quand enfin je trouve le sommeil (passés les 2 heures du matin), je cauchemarde, je transpire à grandes eaux, et je me réveille cinq minutes avant l'enclenchement du radio-réveil. Quant aux problèmes digestifs associés: une rentrée de prof, dans mon cas, est le meilleur remède que je connaisse pour lutter contre la constipation!
Et ça fait douze ans que c'est comme ça. Pourtant, maintenant, je devrais avoir l'habitude; je fais presque partie des meubles, dans le collège où j'enseigne. Eh bien, non. Il n'y a pourtant pas d'objet précis à mes angoisses. Simplement, j'ai tout de même cette boule à l'estomac. Au bout de douze ans c'est toujours pareil. C'était comme ça dimanche soir, avant la rentrée "spéciale profs". Ce sera encore comme ça ce soir - parce que demain, je retrouve les élèves. Après, je sais que ça ira mieux. Demain soir, je passerai de nouveau une bonne nuit. August 15 QuestionsDepuis combien de temps est-il revenu?
Depuis combien de temps sait-elle qu'il est revenu?
Et cette incapacité à l'appeler par son nom
comme s'il n'avait jamais existé. August 10 Back from EnglandC'était comment?
Ben c'était bien. Super bien, même. Liverpool, ça me fait la même impression que Rome: quand j'arrive, le sentiment d'être chez moi. C'est peut-être le fait d'y aller depuis que j'ai huit ans, d'y avoir de la famille, d'avoir vécu en Angleterre pendant une année, le fait que les gens soient chaleureux, rendant service. Tout ça à la fois...
C'était bon d'être en famille en tout cas.
Sinon, question programme, on n'a pas arrêté: tournoi de Wii; promenade sur la jetée, jeux avec de vieilles machines à sous et bowling à Southport; visite de Liverpool sur les traces des nouvelles constructions et des Superlambananas, balade à Chester, fish and chips, pub et shopping, shopping, shopping (c'était les soldes!!!), pour ramener des fringues, des chaussettes, des chaussures, des chapeaux... et de la bouffe, aussi. Et oui, tuons une idée reçue: on mange très bien en Angleterre (on mange trop aussi!) et moi j'aime la nourriture anglaise; dans nos valises donc: Gloucester à l'oignon et aux cives, Cheddar extra mature, Thé, Crackers nature ou à la tomate et au basilique, Digestives (biscuits légèrement sucrés que l'on mange avec le fromage), Chocolat, Sherry... pour prolonger un petit peu le voyage...
Sinon, oui, je n'ai pas écrit en juillet: après la semaine épuisante avec mes deux ados (celle-là, il va tout de même falloir que je prenne le temps de vous la raconter un de ces jours), bloquée au lit par une lombalgie pendant huit jours, puis préparation de voyage. Drôle de mois de juillet, donc. Chose qui énervePlanter des fleurs le matin et ne plus les retrouver le soir, parce que son mari les a prises pour des mauvaises herbes et les a arrachées.
|
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
|