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    March 21

    Elèves, je vous aime

     
    Voilà quinze jours que nous sommes revenus de Rome. Quinze jours, et ça semble déjà tellement loin!
     
    Cette année, nouveau voyage, nouveau programme,  nouveau projet, nouveau groupe, nouvelle équipe.
    Et quelle équipe!
    Et quel groupe! Un groupe à vous faire penser que les ados sont formidables!
     
    D'abord, mes dix élèves de troisième, qui ont préparé et assuré les visites des sites et ont proposé les quizz de chaque jour avec leur corrigé. Léa, Victoria Hortense, et Marine, qui le premier soir, à l'hôtel, ont fait deux poubelles: l'une contenant canettes et bouteilles plastiques, l'autre, les déchets non recyclables, au cas où l'hôtel pratiquerait le tri sélectif. Hugo qui a été si gentil avec le personnel de l'hôtel, avec notamment le cuisinier et les serveurs.
     
    Et puis, tous pour:
    - les compliments que nous avons reçu du directeur de l'hôtel et du chauffeur, au sujet du groupe.
    Et pour:
    - avoir fabriqué leur carnet de bord.
    - l'avoir rempli avec soin, sans qu'on ait besoin de leur dire, le soir, une fois rentrés à l'hôtel.
    - s'être occupé du blog, le soir, après le dîner.
    - avoir pris soin de l'appareil photo numérique et de l'ordinateur portable qu'on leur confiait.
    - avoir rempli les quizz avec sérieux tous les jours.
    - avoir fait leur lit tous les matins.
    - s'être couchés sans couvre-feu.
    - avoir respecté les sites, les conseils de prudence, les horaires.
    - ne s'être pas disputés.
    - avoir remercié le personnel de l'hôtel avant de partir.
    - avoir laissé le car propre.
    - avoir donné un euro chacun à leur camarade qui avait perdu son argent de poche quelques heures après le départ.
    - avoir fait tout ce qu'on leur demandait, même lorsqu'il s'agissait de tous tenir dans le périmètre d'un carré jaune!
    - avoir chanté les chansons italiennes, dans le car.
    - vouloir préparer une expo de leurs carnets de bord et de leurs photos.
     
    Très chers élèves, il y a très peu de chances que vous tombiez sur cet article, mais je vous dis un grand merci pour avoir été et fait tout cela pendant ces quelques jours.
     
    Et merci à vous trois, chers collègues, pour avoir tant fait pour que le groupe fonctionne aussi bien; pour les chansons italiennes, les photos, les vidéos, les parties de Uno, les coups de sifflet, nos discussions...
     
    January 06

    Petit périple parisien

     
    Au début, ça devait être un petit périple à Liverpool. Et puis non... Alors, pour se consoler, on s'est dit: "Tiens, si on allait à Paris se faire quelques petites expos?" L'expo Courbet nous tentait, la BNF ouvrait les portes de son Enfer et la SNCF investissait la toute nouvellement restaurée nef du Grand Palais (et vous connaissez maintenant mon amour des trains!). Trois bonnes raisons, donc, de faire l'aller-retour chez nous-Paris (en train, bien entendu!) pour profiter de tout cela.

    courbet

    Timing aux petits oignons: départ 7h40 ; arrivée deux heures plus tard. Météo clémente, entrée pour l'expo Courbet réservée pour 12h: deux bonnes raisons, pour flaner un peu de l'un à l'autre. Nos pieds nous mènent à l'île Saint Louis pour prendre un petit déjeuner. Puis au jardin des Tuileries. Et enfin, devant les toiles de Courbet ....Enfin, quand on pouvait, parce que certains -bien trop nombreux, hélas!-, s'ils avaient pu coller leur nez à la toile sans déclencher l'alarme, ils l'auraient fait! Et nous voilà obligés de jouer des coudes, de se planter ferme dans le sol pour ne pas tomber face aux coups, aux bousculades. De se contorsionner pour appréhender, l'espace de quelques secondes, les autoportraits du peintre, tous rassemblés dans une salle trop petite pour à la fois les contenir tous et drainer le flot des spectateurs affamés. Beaucoup moins de monde devant les scène de chasse. Et étonnamment, devant l'Origine du Monde que nous avons pu admirer à loisir. La France deviendrait-elle excessivement prude? Enfin, malgré la cohue, c'était un très bon moment... suivi d'un autre, à quelques mètres, l'expo sur l'art en Gare qui était très sympa aussi.

    Nos pas nous ont ensuite conduit (et le métro aussi, parce qu'on commençait à fatiguer un peu) à Saint Germain où nous avons mangé dans un restaurant italien, avant de nous rendre à la BNF. Là, pour accéder à l'expo sur l'Enfer, ça l'était, justement, l'enfer! Une queue impressionnante, lorsque nous sommes arrivés. Certains se sont découragés, ce qui nous a permis de rentrer dans l'expo au bout de 45 minutes, l'impatience au bord des lèvres, nous attendant à découvrir des trésors cachés, témoins des plus grandes débauches passées et présentes.

    Eh bien, comment dire... Beaucoup de bruit pour rien. Pas un seul document d'après 1945, à croire que la France d'aujourd'hui à retrouver de bonnes moeurs. Et en dehors d'un film porno de 1931, qui captivait les foules, peu de découvertes. Des estampes japonaises, Sade, Apollinaire, Aragon, Louÿs, Quelques trop rares amulettes romaines. Très sélective ouverture de l'Enfer, et très classique. Quant aux pages ouvertes des oeuvres en question... les premières pages, ou les dernières (on est bien avancés avec ça!) ou quelques extraits insignifiants. De quoi ne pas choquer la morale pour deux sous; elle est sauve. Oui, définitivement, la France redevient pudibonde!

    Et c'est sur ce constat déçu que nous avons regagné la gare d'Austerlitz, en concluant qu'aujourd'hui, plus que jamais, l'Enfer est pavé de bonnes intentions! 

    August 11

    Réponse à la devinette - J7

     
    Vendredi: retour en France.
    J'ai dormi comme une masse, dans le train. Les quelques jours sur Rome étaient intenses. En moyenne, nous faisions pas loin de 10 kilomètres par jours, lors de nos explorations quotidiennes.
    Le retour en France est plutôt rude. Le ciel, que nous avions quitté bleu et dégagé est tout gris. A Paris, en descendant du train, la différence de température avec Rome est saisissante et nous sommes obligés de remettre les pulls et les vestes.
    A Salbris, il pleut.
    Le chat ne cesse de miauler et ne nous quitte pas d'une semelle.
    Nous défaisons les bagages, déballons les quelques bricoles que nous avons ramenées. Je reconstitue, à l'aide de surligneurs, sur le plan que l'hôtel nous a donné à notre arrivée, les périples que nous avons faits tous les jours. Je note sur un post-it les choses que nous avons envie de voir la prochaine fois. Il ne reste plus qu'à faire le tri dans les photos.
    Voilà, c'est fini.
     
    Et c'était bien.

    Réponse à la devinette - J6

     
    Jeudi: ce soir, c'est le départ. Aujourd'hui, on profite du lit un peu plus longtemps: le petit déjeuner est prévu à 9h00 et non à 7h30.
    Première mission de la journée: se rendre au supermarché du Panthéon pour faire les courses (pasta, limoncello, vin blanc, parmesan...). Retour à l'hôtel pour mettre tout ça dans les bagages, rendre les clés et laisser les bagages dans le hall avant notre dernière journée de visite. On se sépare: Mike et Alex veulent faire les soldes via del Corso.
    Avec Hervé, nous ne résistons pas à l'envie d'aller voir l'Ara Pacis. Depuis le temps qu'on attendait la fin des travaux. Vue de l'intérieur, l'exposition Valentino fait moins "déplacée" et le contraste entre le monument antique et les robes du couturier est même plutôt intéressant. Le musée consacré à l'Ara pacis est riche. ça vaut vraiment le coup. ça fait un petit pincement au coeur de voir "en vrai" l'allégorie de la terre mère nourrissant les enfants, et la procession des prêtres et de la famille d'Auguste représentées sur le monument.
    On sort du musée. Il est 11h50. Un bus touristique s'arrête à côté de l'Ara pacis. On achète un ticket et on s'offre une visite de la ville en bus. La durée du périple dure deux heures. On monte sur le haut du bus, on branche les écouteurs fournis à l'entrée dans les bornes prévues à cet effet et on se laisse guider. Moment agréable, où l'on revoie, d'en haut, la grande majorité de ce que l'on a vu durant le séjour. Il existe des archéobus, aussi, qui propose un périple plus long, hors les murs, le longs de la via Appia Antica. On prendra l'archéobus à notre prochain voyage. A ce moment de la journée, on y pense déjà, à notre prochain périple à Rome. De toute façon, on a jeté une pièce dans la fontaine de Trévi; on ne peut pas ne pas revenir...
    14h00: retour devant l'Ara pacis. On descend. On mange dans un snack dans une petite rue du secteur. Ils n'y a pas beaucoup de touristes. On sent que c'est plus une cantine des gens qui bossent dans le coin. On se commande une bière et des lasagnes. Elles sont à l'artichaut. C'est assez bon. A la caisse, je m'exprime en italien avec la caissière. Elle nous fait une ristourne de 50 centimes sur la note.
    On repasse place de la Fontaine de Trévi. Je me laisse tenter par le Borsalino. Puis, dernière glace orange-sorbet avant le retour à l'hôtel et le départ pour la gare.
    Retour galère. Ma valise est très lourde et se retourne souvent sur les pavés de la place du peuple; je casse l'anse du carton à chapeau du Borsalino et m'entaille l'index droit avec. Je n'aime pas ce moment transitoire, où l'on n'est pas encore partis, mais où l'on n'est déjà plus là. Après le parcours en métro jusqu'à la gare, il faut attendre. Une heure avant le départ.
    18h40: on part enfin. Demain, on est à la maison.
     

    Réponse à la devinette - J5

     
    Mercredi: Aujourd'hui, c'est notre journée "aventure": il nous faut prendre le métro et le bus, direction Tivoli, pour aller visiter la villa Adriana.
    Première étape: acheter les tickets de métro. On prend le métro à la place d'Espagne. Juste devant l'entrée du métro, il y a un bureau de tabac. Je rentre et je demande des tickets à la journée. (deuxième fois que je fais des phrases italiennes complètes!). Les bureaux de tabac ne vendent que les tickets simples. Il faut donc entrer dans le métro et prendre les billets à la journée au distributeur. Les quatre machines sont en panne. Nous faisons donc demi-tour et prenons les tickets simples au bureau de tabac. La ligne A de métro est très confortable: c'est propre et climatisé. A Termini, on change de ligne: ligne B, direction Ribbebia. Ligne hyper-crad'! Des graffitis partout. Le guide du Routard dit que pour prendre le bus, il faut descendre à la station Ponte Mammolo ou au terminus, station Ribbebia. On opte pour Ribbebia. Impossible d'acheter les tickets à cet endroit. On repart donc dans l'autre sens, pour descendre à Ponte Mammolo. En fait, c'est là qu'il faut prendre le bus: c'est la gare routière!
    Finalement, je me décide à acheter les tickets en anglais. La fille au guichet m'annonce le prix: "eighty", dit-elle. Hervé lui fait répéter: "eighty". En fait, elle voulait dire: "eight". Autant dire qu'on est plutôt rassurés! Sauf qu'elle ne nous a pas vendu les retours; uniquement les allers. Je rachète donc une nouvelle série de tickets.
    Le bus arrive au bout de 15 minutes. Compte-tenu de la brutalité du conducteur, on comprend qu'il y ait des centures de sécurité à tous les sièges. 
    On se plante d'arrêt. Il faut dire que ce n'est pas facile de les repérer. On marche deux bons kilomètres jusqu'à la villa d'Hadrien. Un petit rafraîchissement et on y entre. C'est gigantesque et magnifique: le Poécile, le théâtre maritime, le palais impérial, les thermes... et surtout le Canope. Pique-nique sur le site, près du palais impérial.
    Retour en bus vers Rome. En fait, il y a un arrêt de bus à 300 mètres de la villa. Retour aussi "tape-cul" que l'aller. Les bords des routes sont sales, et ont un côté "décharge à ciel ouvert". Contrairement aux rues de Rome qui sont si propres. Retour à l'hôtel pour commencer à préparer les bagages.
     
    C'est notre dernière soirée à Rome. Repas en amoureux. avec Hervé, nous retournons au Habana, qui nous avait bien plus. Le gamin est très gentil. Il nous reconnaît quand on rentre. Il s'appelle Matteo. 
    Puis, Fontaine de Trévi by night. On y trouve un magasin Borsalino. Je m'explose le nez sur la vitrine en voulant voir le prix du Borsalino classique.Les chapeaux y sont 1,5 moins chers qu'à celui de la Piazza del Popolo; ça reste cher, malgré tout. Retour place d'Espagne pour déguster une glace orange-pastèque.
    Retour à l'hôtel; on devait retourner place Navone pour boire un Cuba libre dans bnotre petit bar habituel, mais mon nez me fait trop mal.

    Réponse à la devinette - J4

      
    Mardi: Basilique Saint Pierre et Trastevere.
    7h30: petit déjeuner.
    8h30: départ vers la Cité du Vatican en longeant le Tibre. L'Ara Pacis est enfin visible, dans son musée-cage de verre. Le lieu abrite l'exposition Valentino. On traverse le Tibre au Pont Saint Ange et on prend la Via della Conciliazone jusqu'à la Basilique Saint Pierre. Il est à peine 9 heures et le site est déjà plein de monde. Le soleil "cogne" déjà. Ce sera une très chaude journée.  
    La basilique est vraiment splendide. Je n'y étais pas retournée depuis 2003. Tombeaux des Papes. Des gens prient encore et pleurent devant le tombeau de Jean-Paul II.
     
    La poste vaticane était encore ouverte quand nous sommes ressortis de la basilique. C'était la première fois que nous la trouvions ouverte. Achat de timbres et envoi de cartes postales du Vatican.
     
    Petit pot via de la Conciliazione avant de se séparer: Mike et Alex retournent vers le Castel San Angelo. Nous partons à la découverte du Trastevere et du Janicule. On se croirait dans une autre ville. Beaucoup moins de touristes que dans les autres quartiers de Rome. Ils ont tous l'air d'être arrivés là par hasard, voire de s'être perdus. On longe la via della Lungara. On n'arrive pas à accéder au Janicule: tous les passages indiqués sur la carte sont fermés. On passe une arche. On s'arrête dans le petit restaurant qui se trouve juste en face, en terrasse. La jeune femme qui nous sert est charmante. Elle ne semble pas parler français et pas très bien anglais. Ce sont mes premières phrases complètes en italien. On opte pour des bruschetta, du jambon cru et du melon, pour changer des pâtes et des pizzas. Les toilettes sont super-belles: le carrelage au mur représente des étagères pleines de livres. Quand on part, toute la famille qui gère le restaurant nous fait un grand signe de la main. On sent que les gens apprécient quand on fait l'effort de parler italien, plutôt qu'anglais.
    On tente d'accéder aux hauteurs par le jardin botanique. Très beau jardin. On y fait une pause à l'ombre, à côté d'une petite source. Là encore, les accès au Janicule sont tous bouclés. On n'est pas monté au plus haut, mais la vue sur Rome, de l'esplanade du haut du jardin est déjà splendide
    16h00: on a rendez-vous avec Mike et Alex à 17h30 devant l'hôtel. Il est temps d'y aller. On passe par le pont Sisto et remonte par la place Navone: Hervé a vu des reproductions d'armes anciennes dans un magasin juste au dessus de la place. J'ai super mal aux pieds aujourd'hui!
     
    Hervé, Mike et Alex vont faire les courses, pour le pique-nique du lendemain. Moi, je ne me sens pas très bien et je reste à l'hôtel, à regarder la télé italienne.
    Ensuite, nous mangeons tous ensemble dans un snack, via di Croce.  
     
    August 10

    Réponse à la devinette - J3

     
    Lundi 6 août: la Rome antique.
    7h30: premier petit déjeuner à l'hôtel: fromage, jambon, saucisses, pain, espresso, jus de fruits, etc...
    8h30: Départ de l'hôtel à pieds, direction-Colisée. On remonte toute la Via del Corso. La Machine à écrire est en travaux; ça gâche un peu.
    Début du parcours de visite par la Via des fora impériaux. Le site du marché de Trajan est enfin ouvert au public. Arrivée au Colisée. C'est un peu le bordel dans l'organisation de la file d'attente. On rentre rapidement, cependant.
    Puis, le Forum Romanum. La Curie est fermée, mais la Maison des Vestales est enfin accessible. C'est superbe. On remonte par la place du Capitole. On redescend par la cordonata. Puis on longe la Via du Théâtre de Marcellus vers le forum Boarium. 
    Temple d'Hercule. Le temple de Portunus est en travaux. Mais la Bocca della Verita est (enfin!) accessible au public. Il y a peu de monde à cette heure-là qui attend. Notre tour viendra vite. Photo puis visite de l'église. Elle contient les reliques de Saint Valentin (son crâne notamment, dans une petite boîte en verre; ça refroidit un peu tout de même). De retour au Colisée en passant devant le Circus Maximus. Pizza en terrasse, le long de l'école des gladiateurs. Il est midi.
    Retour à l'hôtel pour la sieste de mi-journée.
     
    16h30: on boit un espresso au café qui se trouve juste à côté de la fontaine du babouin. Le café est hors de prix (3.50 euros), mais servi avec des pattisseries et le lieu est vraiment atypique et sublime: café et vente de reproductions d'antiques.
    17h30: direction piazza del Popolo et Villa Borghèse. Vue de Rome du haut du Belvédère. Alex trouve un appareil-photo numérique par terre. On se balade dans le parc jusqu'au temple d'Esculape sur le lac, en passant par l'horloge à eau. On regarde les photos de l'appareil trouvé par terre. On y voit deux jeunes gens, heureux, en vacances.
    Sur le chemin du retour vers la piazza del Popolo, au niveau du Belvédère, assis sur un banc, je crois reconnaître les deux jeunes. Ce sont bien eux. On a fait deux heureux, ce soir-là, en leur rendant l'appareil photo. C'était un chouette petit moment.
     
    Je ne sais plus où on a mangé. Au Mac Donald's de la Place d'Espagne, je crois. La serveuse n'aime pas les touristes étrangers et se montre plutôt malaimable. Le leiu est toujours aussi beau, avec ses fresques et ses trompe-l'oeil. Ils ne connnaissent pas les deluxe-patatoes; eux, ils ont des patates en forme de serpentins à la place. C'est assez curieux mais c'est très bon.
    Après notre promenade digestive et notre partie de Uno quotidienne, nous ressortons avec Hervé, en amoureux, direction place Navone pour boire un petit Cuba libre au bar que nous avons découvert lors de notre premier séjour à Rome, il y a quatre ans.
     
    Encore une bonne journée.

    Réponse à la devinette - J2

     
    Dimanche 5 août: trajet chaotique; conducteur du train sacrément brutal! Arrêts fréquents et parfois longs.
    6h45: Bologna. Réveillés par un type qui se met à brailler devant notre porte.
    7h30: lever. Toilette de chat. Il fait déjà très beau. Petit déjeuner: café italien, viennoiserie italienne et jus d'orange.
    9h40: nous devrions être arrivés, mais Rome est encore loin. Un couple de Français panique: ils doivent prendre la correspondance pour Naples. Ils vont surement le rater. C'est leur 30ème anniversaire de mariage.
    10h40: le train arrive avec une heure de retard. Il fait déjà chaud. Départ à pieds vers l'hôtel: thermes de Dioclétien, piazza Barberini, La Trinité des Monts enfin sans échaffaudages. Piazza di Spagna, via del Babuino et l'hôtel. Nous rêvons d'une douche. Les chambres ne sont pas prêtes. Pas avant 15h. Nous laissons les bagages.
    Première balade en ville. Au programme: les places, place d'Espagne, Fontaine de Trévi, place du Panthéon, visite du Panthéon, et place Navone avant le retour à l'hôtel.
    Avant cela, un bon déjeuner dans un des snacks de la rue du Babouin. Le serveur nous offre quatre parts de pastèques.
     

    Fontaine du "babouin"

    15h00: Les chambres sont prêtes. La nôtre est immense, on dirait un petit appartement. Douche, sieste.
    17h30: de nouveaux opérationnels, pour un petit tour à pieds dans le quartier. Dîner dans un des restaurants du quartier du Panthéon: le Habana. Délicieux, pas cher. Cadre sympa et familial.
    On a terminé par une bonne glace, place d'Espagne. La mienne ressemblait à un petit animal.

    Réponse à la devinette - J1

     
    Samedi 4 août, 13h18: départ de Salbris sous le soleil. Mike se transforme en photographe-fou: photos de toutes les gares dans lesquelles on s'arrête. Arrivée à Austerlitz à 15h11 (photo de Mike). Direction gare de Bercy (photos de Mike). Notre premier pot tous ensemble en terrasse pour fêter ces nouvelles vacances qui commencent (photos de Mike). Nous dirigeons vers la gare de Bercy (photos de Mike). Partie de Uno avant le départ dans le parc de Bercy(photos de Mike). Beau soleil.
    19h06: Départ pour Rome. Test du wagon restaurant pour la première fois. Premier apéritif; même Alex se laisse tenter par un verre de vin blanc. Au menu: campanella à la crème d'artichauts, veau-sauce au thon (délicieux) et gâteau à la carotte (devinez quoi? oui, oui: photos de Mike). Partie de Uno et dodo.
     
    Le dialogue improbable du jour: comptage des points à la fin d'un tour de Uno:
    moi: - RV, t'as combien?
    RV: - 6.
    ...
    moi: - t'as dit 9?
    RV: - non: 6; mais je ne suis plus à 5 points près!
    March 30

    Unique objet...

      
    C'est décidé depuis quelques heures: les dates sont choisies, l'hôtel et le moyen de transport aussi.
    Cet été, on retourne à Rome.
    "Encore!" diront certains.
    Eh bien oui, encore. Cette fois-ci, avec Mike et Alex.
    Et portant l'espoir de voir enfin l'Ara Pacis et de marcher sur dans les pas de l'empereur Hadrien, à Tivoli.
    December 31

    Dans le port d'Amsterdam

     
    Bon, allons. Je vous raconte comment c'était?
     
     
    D'abord, le voyage aller: ah ça! si j'avais voulu jouer mes Léon Delmont lors du trajet Salbris-Amsterdam, faire une petite mise au point sur ma vie,  c'était raté. Mais, avec la chance que vous me connaissez dans les voyages en train long-courrier, vous vous doutez que je ne pouvais pas ne pas faire quelques joyeuses et amicales rencontres durant l'aller (en revanche, nous avons peut-être été touchés par la Grâce au retour car il ne nous est rien arrivé): 
    Premier épisode: le voyage en Corail et la dame qui m'a réveillée pour s'asseoir à mes côtés (alors qu'il restait d'autres places dans la voiture) et qui a tenté de m'asphyxier avec son parfum TRES capiteux, à mi-chemin entre le Miss Dior et le Baygon jaune.
    Deuxième épisode: dans le Thalys (train au demeurant très confortable) où nous avons été séquestrés avec
    des téléphonomaniaques,
    le petit Killian qui a hurlé pendant trois heures,
    la maman du petit Killian qui a tenté pendant trois heures de calmer le petit Killian, alternativement en faisant jouer à son portable la musique de Crazy Frog et en lui criant dessus... 
    et le petit hollandais qui s'est mis à compter en bilingue sous l'oeil bienveillant et ému de ses parents, une fois que le petit Killian et sa maman eurent enfin fini par s'endormir, et ce jusqu'à l'arrêt complet du train.
    Après ce voyage quelque peu ... crispant, première étape obligée, l'office du tourisme pour acheter la I amsterdam card. ça, c'est un truc épatant: c'est le multipass amsterdamois, pour payer le tram, le bus, une petite croisière sur les canaux et une plus grande partie des musées de la ville. Bon, on l'obtient au bout d'une bonne demi-heure de queue, balisée de panneaux rappelant ce précieux conseil: "Buy your tickets in advance and avoid long queues".
    Ensuite, direction l'hôtel. Et comme le site l'indiquait à trois kilomètres de la gare, nous nous sommes dit qu'une petite découverte pédestre revigorante ne nous ferait que du bien. Nous avions deux documents très précieux à notre disposition: une carte du centre ville qui s'arrêtait juste 5 millimètres avant le positionnement estimé de notre hôtel et le plan indicatif proposé par l'hôtel sur son site internet. Nous pensions que cela suffirait et qu'une fois dans le coin de l'hôtel, on finirait bien par trouver un panneau indiquant l'hôtel. Sauf que de panneau, il n'y avait point. Heureusement, les gens étaient charmants et l'hôtel connu; nous sommes donc arrivés enfin à bon port. Pour en repartir quasiment aussitôt afin profiter tout de suite de notre séjour. Avec la grande traversée que nous avions faite à l'aller, facile de s'orienter! Et ce fut le premier de nos trois jours de découverte de la ville.
     
    Hé bien, c'était ... surprenant. Je me suis pas mal baladée en Vieille Europe, j'ai rarement été aussi dépaysée. D'abord, dans le port d'Amsterdam, je n'ai pas vu de marins qui chantent les rêves qui les hantent mais pleins de fumeurs de haschich.  ça ne sent pas la morue mais l'herbe à plein nez et le corps des dames n'est pas toujours très joli. Mais ce n'est pas tant de voir des gens fumer des pétards en pleine rue, un nombre gargantuesque de coffee-shops pleins à craquer dès leur ouverture, le corps des dames dans les vitrine, les marchands de tulipes du marché aux fleurs vendre des graines d'herbe hollandaise, des champignons hallucinogènes à la devanture de magasins, blablabla...qui étaient dépaysant; ça, c'était le côté 'folklore' auquel on s'attendait.
    Non, le plus dépaysant, ça a été de se caler sur les horaires. [On se serait cru dans l'Angleterre des années 80: les musées et bon nombre de magasins ouverts entre 9 heures du matin et 17h00 (sauf les innombrables boutiques de souvenirs pour touristes le long du Damrak qui semblent ouvertes 24 heures sur 24), en l'occurrence ces trois derniers jours un peu après le lever du soleil et un peu avant son coucher! ça nous a totalement fait perdre la notion du temps.]. Le plus dépaysant, ça a été de voir des restaurants, des bars, des espaces entiers 100% fumeurs (mais pas du tout enfumés), des lieux où l'on n'est pas fusillé du regard et accusé silencieusement d'être porteur de mort pour avoir allumé une cigarette dans un lieu public. Dépaysant aussi de se dire qu'on a plus de chance de se faire renverser par un vélo que par une voiture (tout aussi dépaysant, la présence d'immenses parkings à vélos). Dépaysante aussi: la langue! Beaucoup de ressemblances avec l'allemand et l'anglais parfois, et parfois pas du tout. Si bien que j'avais parfois l'impression de tout comprendre et puis soudain, ça devenait une bouillie incompréhensible.
     
    Sinon que dire? Que d'eau! Et puis, la ville est super belle. Le musée Van Gogh est splendide, le Rijksmuseum, la maison de Rembrandt, l'Oude Kerk... super! L'Amsterdam Dungeon bien mieux que celui de Londres. Quant à l'hôtel, un vrai cinq étoiles, avec assortiment de boissons chaudes, peignoir de bain, chaussons et même la petite pomme du soir, pour les petits creux de la nuit. La grande classe.
    Bref, on a vraiment joué les touristes, quoi! Et jusqu'au bout: vous savez ce qu'on a ramené d'Amsterdam? Ben des bulbes de tulipes, évidemment! J'en ramène aussi deux mots qui m'ont beaucoup amusée, -allez savoir pourquoi!-: 'vol' et 'vru'.
    Et ça veut dire quoi, ces petits mots-là? 
    vru, c'est quand le parking a des places de disponibles,
    et vol, c'est quand il est complet.
     
    August 15

    Malte version 3.

    Une semaine que je n'ai pas écrit sur ce blog. Et pour cause: nous étions partis en vacances. Direction: Malte. C'était de belles vacances. Plutôt qu'un carnet de voyage au jour le jour, quelques manières différentes de fixer en mémoire les souvenirs de cette semaine.

    Voici Malte 3: Malte en chiffres.
     
    400 000: nombre d'habitants de Malte
    316: superficie de Malte en km2.
    1964: année de l'indépendance de Malte.
    2003: année de l'adhésion de Malte à l'EU.
    3: superficie de Comino, en km2.
    6: nombre d'habitants sur Comino.
    1: nombre d'hôtels sur Comino.
    75: nombre de fois où l'on nous a proposé une croisière sur Comino.
    97: pourcentage de catholiques sur l'île de Malte.
    374: nombre de pierres tombales formant le pavement de la co-cathédrale Saint Jean.
    20: cents maltais: prix d'un ticket de bus en zone A. 
    3: nombre de Kinnies qu'il faut boire pour commencer à s'habituer au goût.
    3: nombre d'épines d'oursin qu'Hervé s'est enfoncé dans le gros orteil droit lors de son premier bain de mer.
    656 952: nombre de kilomètres au compteur du bus 62.
    47: numéro de la seule ligne de bus qui s'arrête à Mgarr.
     

    Malte, version 2.

    Une semaine que je n'ai pas écrit sur ce blog. Et pour cause: nous étions partis en vacances. Direction: Malte. C'était de belles vacances. Plutôt qu'un carnet de voyage au jour le jour, quelques manières différentes de fixer en mémoire les souvenirs de cette semaine.

    Voici Malte 2: version 'vue par un fillette'.
     
    Malte, c'est super beau, mais y a des endroits, c'est super moche: c'est des villes avec pleins d'immeubles partout, même au bord de la mer, alors on peut pas se baigner où on veut. Mais y a des plages quand même, mais elles ont pas de sable: c'est sur des gros cailloux, et même que les plages, elles sont en ville. Même que moi, je me suis baignée au pied d'une grande église, même. Si, c'est vrai! y avait l'église, la route, un trottoir, après il faut descendre un escalier et tu es dans l'eau (on a même vu des grands, eux, ils descendaient pas les marches, ils sautaient du trottoir directement dans l'eau). Sliema, c'est une ville comme ça, avec des grands immeubles, au bord de la mer avec des plages sur des cailloux, alors que La Valette, en face, on dirait un gros château fort; La Valette, c'est la capitale.
     
    A Malte, le ciel, il était tout bleu. La mer aussi, elle était toute bleue. Sauf au Lagon bleu, où elle était toute verte. C'est à cause du sable, la dame elle a dit. Le Lagon bleu, il se trouve à Comino; Comino, c'est une île toute petite à côté de Malte; pour y aller, on a pris un gros bateau. Les gros bateaux, ils étaient beaux, mais ils allaient pas vite. Par contre, on a aussi pris un petit bateau, qui allait très vite. Un 'or-bordes', que ça s'appelle, même. Avec on a été visité des grottes.
    A Malte, y a aussi des bus. Ils sont tout pourris et ils puent, et les sièges, ils grattent. Et on sait jamais quand il faut descendre, alors il faut toujours bien regarder où on est. Et comme il y a pas les destinations de marquées sur les bus, on n'est jamais sûr de monter dans le bon. Alors il faut demander à chaque fois. Même qu'une fois, on s'est perdu. Mais c'est pas grave parce qu'on est rentré à l'hôtel, et à l'hôtel, y avait une piscine.

    Malte, version 1: carnet de bord

    Une semaine que je n'ai pas écrit sur ce blog. Et pour cause: nous étions partis en vacances. Direction: Malte. C'était de belles vacances. Plutôt qu'un carnet de voyage au jour le jour, quelques manières différentes de fixer en mémoire les souvenirs de cette semaine.
    Voici Malte 1: version carnet de bord.
     
     06/08 - dimanche: arrivée 22h55. Récupération des bagages. Change. Installation à l'hôtel à Sliema. Testé: les strapontins des minibus publics sans amortisseurs.
     07/08 - lundi: découverte à pied de Sliema et de Saint Julians; repérage des zones essentielles et vitales: plages, supermarché, boîtes aux lettres, arrêts de bus et banques. Fort Tigne - inaccessible pour cause de construction de complexe immobilier. Île Manoel -Village des canards. Fort Manoel - inaccessible pour cause de yacht-club. Marina. Baignade au pied de la cathedrale Saint Julien. Testé: le lapin à la maltaise.
     08/08 - mardi: vers La Valette à pieds en longeant la marina. Visite de La Valette. Co-cathedrale, musée de l'armurerie, Fort Elmo, musée de la seconde guerre mondiale. Retour à Sliema en ferry. Baignades. Testé: le Kinnie, boisson locale qui ressemble à de l'Ambassadeur sans alcool et gazeux; bon au début - vite écoeurant; la version Diet est un peu mieux absorbable.
     09/08 - mercredi: Rabat-Mdina. Rencontre avec une vieille dentelière. Visite de la vieille ville de Mdina, Mdina-Dungeon (!). Testé: la timpana ('macaroni à la maltaise') et le bus maltais. Musée de l'aviation. Mosta. Baignade.
     10/08 - jeudi: Comino Cruise. Visite des caves en hors-bord. Baignade au Blue Lagoon. Pique-nique. Découverte de l'île à pieds.
     11/08 - vendredi: farniente. Shopping, courrier, baignade (Sliema, Saint Julians, piscine de l'hôtel). Testé: sandwich maltais à base de thon.
     12/08 - samedi: deuxième expérience du bus maltais; salines de Qawra; Saint Paul; Golden Bay par hasard et par erreur (bof), Mgarr (pique-nique) - attente du bus 45 minutes; retour sur Saint Julians. Testé: l'angoisse de ne pas voir passer le bus 47 à Mgarr.
     13/08 - dimanche: début de la Festa à Sliema. Testé: la fanfare de Sliema.
     
    Puis ce fut le retour en France, sous la pluie.
      
    April 25

    Toulouse-instantané

    Vendredi
    Matin: "ce train desservira Reuilly, Issoudun, Chateauroux, Argenton sur Creuse, Saint Sébastien, La Souterraine, Limoges-Bénédictins, son terminus". Et là je pense: "Un jour, il faudra vraiment que je suive cette ligne en voiture et que je m'arrête dans toutes les villes."
    La gare de Limoges est très belle, et dans un cadre plutôt sympathique, fait de jardins, de fontaines.
    Merde! On n'a pas pris l'appareil-photo.
     
    14h30: arrivée à Toulouse-Matabiau. Il fait beau.
    En attendant Jean, une terrasse face au Capitole: la mode, cette année, est aux voitures noires aux vitres teintées.
    Eglise Saint Sernin. Le vent se monte. Des poissons sont marqués dans le sol, tout autour de l'église. Je n'avais pas fait attention, la première fois. C'est la sortie des lycée.
     
    Retrouvailles avec Jean.
     
    Promenade le long de la Garonne jusqu'à l'ancienne centrale EDF. Les bars sont pleins d'étudiants.
    Pot place de la Daurade, dans un bar tout en longueur dont je n'ai pas retenu le nom.
    "Le Père Noël, il nage, mais il plonge pas" dit un amateur de pastis éclairé, qui semble en connaître long sur la question. De toute façon, barraqué comme il est, c'est pas moi qui irais le contredire.
     
    Samedi
    Basilique Saint Juste. Saint Bertrand des Comminges. Le ciel est dégagé. On voit les Pyrénées enneigées. On n'a pas d'appareil-photo.
    Pique-nique dans un champ; visite des ruines gallo-romaines. Visite de Saint Bertrand. On repart lorsque l'orage arrive.
    Notre quête de carburant nous mène à Saint Gaudens.
    Sur la place de l'église. Un fauconnier traverse la place, avec un faucon sur son avant-bras droit.
     
    Retour à Toulouse. Soirée au Restaurant des abattoirs. Promenade nocturne dans les jardins des abattoirs, et le long du canal de Brienne.
     
    Dimanche
    Retour.
    Petit-déjeuner sur la terrasse, au soleil.
    Train=5 heures.
    Une petite fille explique à sa mamie: "Mais si, Mamie, les coqs, c'est un peu comme les poules."
    Il fait beau.
     
     
     
     
    April 20

    Nos ancêtres les Romains

    Il y a peu, j'ai eu une discussion  avec une hélleniste convaincue qui me disait: "Comment peux-tu préférer les Romains aux Grecs? les Romains, c'est la rigueur et l'austérité du droit; mais les Grecs! Quelle invention, quelle imagination, quelle créativité! Tu sais à quoi on reconnaît un helléniste? à sa capacité à réparer son vélo avec un bout de ficelle et une allumette". Et là, d'un coup, tout s'est éclairé:
    1. pourquoi je préférais les Romains: des hellénistes, j'ai pas eu la chance d'en rencontrer des comme ça.
    2. Mac Gyver était un helléniste qui s'ignorait.
     
    Et oui, c'est vrai, elle a raison, ma copine helléniste (quoiqu'elle doit pas en être une vraie, d'helléniste: je ne l'ai jamais vu réparer un vélo avec un bout de ficelle et une allumette; ni même quoi que ce soit d'autre avec un bout de ficelle et une allumette...à bien y réfléchir, je ne l'ai même jamais vu rien réparer... casser, oui, mais réparer, jamais. Enfin, passons, je disais qu'elle n'a pas tort, ma copine,) on leur doit beaucoup, aux Grecs: la philosophie, les mathématiques, la plupart des sciences d'ailleurs, l'atome, la tragédie, la comédie, la rhétorique, la guerre moderne, le gynécée... A eux les grands noms: Socrate, Platon, Aristote, Démocrite, Pythagore, Thalès, Anaxagore...;  Inventifs, oui, géniaux, assurément. Incapables de s'entendre, alors qu'ils n'étaient pas sourds et qu'ils parlaient tous la même langue (à quelques variantes dialectales près, je vous le concède, mais tout de même)... au point qu'il leur a fallu un Macédonien pour les unifier. 
     
    Et moi, j'ai beau reconnaître leurs grandes qualités, je n'y peux rien, c'est plus fort que moi, je préfère mes fichus Romains. Certes, ils n'ont pas inventé grand chose. Ils ont beaucoup piqué aux populations qu'ils ont envahies. Aux Grecs surtout. C'est vrai, c'était des envahisseurs, des coloniaux, un peu imbus d'eux-mêmes, un peu suffisants. Mais, j'y peux rien, je les aime tout de même. Sans doute parce que j'ai appris le latin avant le grec. Aussi peut-être parce qu'ils sont notre première source de connaissance du savoir grec.
    Sûrement aussi (et surtout) à cause de tout cela, parce que justement, ils sont loin d'être parfaits; un peu rustres à leur origine; plutôt cruels, à aimer casser une petite graine en assistant à des exécutions capitales; débauchés, jusque sur les fresques peintes sur les murs de leurs salles à manger; anormaux jusque dans certaines de leurs recettes de cuisine (le pâté de rose à la cervelle de mouton, c'est dur à avaler!); stupides et imbéciles à aduler des empereurs félés du bocal... Tout ce que vous voudrez. Mais tellement humains: ce que j'aime chez les Romains, ce sont leurs paradoxes: des lois très dures contre insultes, obscénités et ceux qui les prononcent, mais des poèmes, et des murs qui regorgent d'insultes et ... d'images plus croustillantes les unes que les autres; peuple patriarcal et plutôt mysogyne, mais qui possède tout de même son lot de grandes héroïnes nationales.
     
    Et puis, quand je rentre sur le forum Romain, je le vois. Je le vois, comme à l'époque de Septime Sévère. Les Temples, la Curie, les basiliques, je les vois tels qu'ils étaient. Et quand je passe devant l'autel de César, j'imagine la foule, le soir de ses funérailles; je vois les femmes s'arracher les cheveux et se griffer le visage en criant, les hommes jeter leurs meubles dans le bucher allumé, et d'autres réclamer vengeance, en pleine crise d'hystérie collective. Quand je suis rentrée dans Herculanum, ça m'a fait le même effet: je voyais les boutiques, les gens aux comptoirs, les hommes à l'entrainement dans la palestre des thermes du centre ville, des petits garçons gardant leurs fringues au vestiaire. Je les ai tellement lus, tellement cherchés, tellement étudiés, je passe tellement de temps avec eux... Plus que je n'ai jamais eu l'occasion d'en passer avec les Grecs. Ceci doit expliquer cela. Tant pis, je ne saurais jamais réparer une bicyclette avec un bout de ficelle et une allumette... C'est peut-être pour ça aussi que je déteste la bicyclette, allez savoir!
     
    Pour illustrer ce que je dis, rien ne vaut un petit tour dans les photos de mon ami Sylvain, prises lors de notre voyage en Italie. On va dire le Forum Romanum, les Forums et le Colisée pour commencer. Pompéi et Herculanum viendront plus tard.
     
    March 28

    L'équipée sauvage: épilogue(?)

    Vous savez ce qu'il y a de mieux dans un voyage scolaire? C'est le premier jour de classe, après.
    Hier. Première heure de cours de la journée avec un de mes deux groupes de latinistes de 4ème. Ils rentrent. On se salue, comme à l'ordinaire. Ils s'asseoient et sortent leurs affaires. Ils me regardent...Je les regarde... et on se met tous à rigoler. Dur dur après cela de se replonger dans la Guerre des Gaules (la Guerre des Gaules, non mais franchement, je me demande ce qui a bien pu me passer par la tête de programmer la Guerre des Gaules pour le retour, avant de partir!).
    Heure suivante, latinistes de 3ème. Re-entréé, re-salut, le tout avec un grand sourire aux lèvres en prime (et ça faisait longtemps que je ne les avais pas vu sourire ceux-là, depuis qu'ils nous jouent les ados ténébreux, futés de tout, et surtout des adultes, désabusés par l'enseignement et le collège) qui finalement se communique aussi à ceux que je n'ai pas pu emmener avec moi. Les premiers ont déjà tout raconté aux seconds, qui savent aussi bien que s'ils avaient été là.
    Même ambiance l'heure d'après dans ma classe de 3ème, en français cette fois. "Madame, vous m'avez manqué" (ça, c'est Florian. Merci Florian, ça fait toujours plaisir à entendre!). Echange: chacun raconte sa 'semaine dernière': les uns, le voyage (la soirée pyjama, et surtout, mieux que Martine à la plage et Martine fait de la danse: l'épilation des jambes de Yann, Yann et sa casquette, Yann et ses oranges), les autres, leur expérience en entreprise. Le tout dans la bonne humeur des retrouvailles.
     
    Il y a ça de bien aussi dans les voyages: les liens que l'expérience a tissés, et qui sont encore là, au retour.
    March 26

    L'équipée sauvage: épisode IV

    Les petites phrases:
    Pas de voyage scolaire digne de ce nom sans ses petites phrases. Chacun a eu la sienne, professeurs comme élèves. Voici les meilleures:
     
    "Mon jeu, c'est le pays des Lépreux."
    "Le 3, de loin, on dirait un 5."
    "J'ai tous les chiffres de l'alphabet, sauf le cinq."
    "En plus, y a pas de pression. Ici, la flotte, ça pisse comme un chien."
    "T'as le droit d'avoir l'air d'un con, mais en murmurant."
    "Y a pire qu'une pétasse: une pétasse sur échasses"
    "Madame, les oranges, on a le droit de les vendre?"
    "Madame, je la mets où, la clé?"
    "J'veux pas dormir sans ma casquette."
    "On est quel jour?"
     "Mais si, ça rentre. Comme papa dans maman."
    "Et pan, dans la gueule à Jean!"
     
    "Clara, tu me files une fraise tagada?
    - Dans tes fesses, petit homme!"
     
    "Madame, elle sert à quoi, la question subsitistiaire. Non, c'est pas ça: subsdidiaire? Subsditiaire? Substionnelle? Substitionnelle? Subsistiaire?"
     
    Rien que ça, ça efface les mauvais souvenirs et ça donne envie de recommencer. Pas vrai?
     
     

    L'équipée sauvage: épisode III

    Les bons moments
     
    Heureusement, nous n'avons pas eu que des galères. Et la sympathie du groupe arrivait à vite faire oublier les désagréments des trajets. Heureusement aussi: nous étions une équipe de choc, qui fonctionnait plus que bien. C'est clair que ça aide.
    (Petit message perso au passage à mes trois compagnons de fortune: merci de votre soutien et de votre aide; sans vous, je ne sais pas comment j'aurais tenu, nerveusement parlant... Merci aussi d'être rentrés dans mon petit trip romain)
    (Merci aussi à la maladie indéterminée que j'ai attrapée et grâce à laquelle je ne fume plus depuis 1 an 8 moins et 15 jours. Je sais que j'aurais bien moins géré le stress avec nicotine).
     
    Parmi les bons souvenirs, je garderai longtemps en mémoire quand Vomito a arrêté de vomir, nos franches rigolades dans le car, et le soir, au bar de l'hôtel de Pompéi; Katy en pyjama rose avec une casquette de rappeur sur la tête et la soirée pyjama avec les élèves qui va avec, le deuxième soir à Pompéi; le dernier soir à San Vito Romano, quand nous nous sommes tous mis sur notre 31 (et que j'ai étalé tout le monde au UNO); la pizza achetée dans la petite boulangerie près de la place d'Espagne. Le limoncello et le Lacryma Christi. Avoir réussi à faire visiter le cabinet secret du musée de Naples à tous les élèves (dur de leur faire dire à tous qu'ils ont 14 ans); avoir initié deux élèves de troisième à la musique de Bruce Willis; notre utilisation faussement spatiate et psychorigide du coup sifflet pour rassembler les troupes et l'air tantôt amusé, tantôt surpris des touristes autour.
     
    Et puis, voir le Vésuve sous la neige et sous le soleil en même temps; être soudain emprisonnée dans les nuages; sortir la tête des nuages pour découvrir la baie de Naples, vue d'en haut. Entrer dans Herculanum et découvrir pour la première fois le nymphée de la maison de Neptune et d'Amphitrite "en vrai"; le péristyle de la maison aux cerfs et les fresques du Sacellum d'Auguste. La beauté d'Alexandre sur la mosaïque de la bataille de Gaugamélès (j'crois que j'suis amoureuse); les fresques du lupanar dans le cabinet secret; la reconstitution d'un thermopolium au musée de Naples; la fresque de Bacchus et du Vésuve; la nécropole de Pompéi; la photo de groupe au forum de Pompéi ; le Priape de la villa des Vetii (même si la villa était fermée)...et tous ces petits objets (pains carbonisés, lampes à huile, jarres, vases, amulettes et bijoux) qui ont réussi à m'arracher une petite larme.
     
    Vivement qu'on y retourne. Et on y retournera, c'est certain: j'ai jeté ma petite pièce dans la fontaine de Trévi!
     

    L'équipée sauvage: épisode II

    Dimanche soir, sqq: Certes, notre chauffeur n'était pas des plus doués, mais, à sa décharge, il faut reconnaître que se diriger en Italie tient de l'exploit. Les panneaux indicateurs, c'est parfois l'Arlésienne: tout le monde en parle, on les cherche partout; quant à les trouver, de jour comme de nuit, c'est une autre histoire. Que l'on soit à Rome, au fin fond de la campagne campanienne, à Pompéi, Ercolano ou sur l'autoroute, c'est la même galère. Surtout quand les indications de l'organisme italien sont très approximatives: "En arrivant à San Vito Romano, pour trouver l'hôtel, prendre à droite. L'hôtel se trouve à 800 mètres sur la droite.". Sauf qu'en arrivant à San Vito Romano, pas de rue sur la droite. Au premier croisement, on prend à droite, et le bus se retrouve coincé dans une rue trop étroite pour lui. Et c'est parti pour 300 mètres en marche arrière. En fait de prendre à droite, il fallait prendre à gauche. Quant aux 800 mètres, on cherche encore à partir de quel point de repère.
     
    L'hôtel est, comment dire... rustique. Son personnel aussi, d'ailleurs. Les chambres ont un petit côté cellules de moines, le confort en moins. La douche, un trou dans le sol, juste devant la porte de la salle de bain. L'objectif quand on prend une douche: ne pas inonder le reste de la chambre.
    Le deuxième hôtel, celui que nous aurons à Pompéi, est d'une autre catégorie: vraiment la grande classe. Il y a 6 ans, j'y avais acheté du Limoncello, et nous avions pris un verre en terrasse de cet hôtel. Il était tellement beau qu'en y arrivant lundi, on a d'abord cru s'être trompés d'hôtel. Du marbre partout, répliques de statues antiques dans le hall. Serveurs en livrée; baignoire dans la salle de bain (ça n'empêche pas le mégot de cigarette dans la bouteille de vin, le premier soir, mais bon, je pense que ce n'est pas à nous qu'il était destiné). Par contre, hôtel chic ou pas, les sandwiches du midi étaient tout aussi dégueulasses que ceux de l'autre. Heureusement que Vomito ne vomit plus depuis qu'on lui donne des médocs!
     
    Surtout, l'hôtel est au pied des ruines. De la terrasse des chambres du premier étage où nous sommes installés, vue sur la muraille d'enceinte de la cité antique. Au moins, ce site-là, on ne risque pas de le rater ni de le chercher pendant deux heures.
    Par contre, on se perdra au moment de sortir de la ville moderne (on en profitera pour rendre service aux gens du quartier en écrasant un rat au passage). Pareil à Naples, à la recherche du musée archéologique. On cherchera aussi les ruines d'Herculanum pendant une heure : sur ce coup-là, le chauffeur a fait très fort: les ruines étaient indiquées à droite, il a donc tourné à gauche.

    En revanche, pour nous faire découvrir tous les quartiers pourris des villes en question, il a fait très fort: il les a tous trouvés sans avoir besoin de panneaux! 

    Ok, j'avoue, je suis un peu vache avec lui. En dehors de son souci avec les cartes, les plans et les panneaux, c'est un excellent conducteur: franchement, il a assuré en marche arrière, comme dans la montée (et la descente) au Vésuve. Et c'était un très bon compagnon le soir, au dîner et au bar, où nous dégustions chaque soir un espresso et un limoncello bien mérités. il a juste besoin d'investir dans un GPS.