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    November 04

    Choses qui donnent envie de se lever le matin

     

    Savoir qu'on est en vacances et qu'il n'y a pas d'urgence à se lever.

    Le chant des oiseaux.

    Savoir qu'une fois la journée passée, le week-end commence...

    La veille de Noël.

    Ne pas avoir fermé les volets la veille et voir les toits d'en face recouverts de neige. Et la hâte de sortir, pour voir combien de centimètres de neige se sont déposés sur le monde pendant la nuit. Alors, on sait qu'on a quelques minutes pour profiter de ce paysage totalement blanc, avant que l'activité humaine ne reprenne ses droits, et que la neige se souille.

    Un rendez-vous galant.

    Un départ en vacances.

    Des puces dans le lit.

    Lorsque je rentre chez mes parents, en Normandie, passer quelques jours. 

    Un bain à la mer.

    Sentir qu'il fait beau.

    Mon anniversaire. Parce que je sais que mon amour me prépare toujours une petite surprise pour mon anniversaire.

    L'achat des cadeaux de Noël, l'impatience de faire les magasins à la recherche du cadeau qui fera plaisir à ceux que l'on a envie de choyer. Même si ce plaisir sera de courte durée: une fois dans la cohue, je n'ai souvent plus qu'une envie: rentrer bien vite à la maison et me recoucher!

    September 19

    Choses qui sentent bons

     

    Un gâteau au chocolat, le pain en train de cuire, le lait pour le corps parfumé à l'orange de l'hôtel Valadier, l'herbe fraîchement coupée, la colle Cléôpatre, l'eau de la Manche sur la peau, le pelage de mon chat, le linge qui a séché dehors, au soleil et au vent; les roses du jardin, la viande grillée, le café, un livre neuf qui n'a encore jamais été ouvert, l'eau de toilette de Nicolas, les parquet cirés, l'encens à l'église, le thé à la menthe, le romarin, le cuir, les galets, le thé au jasmin, les fleurs de Seringa, un verre de Quincy, sûrement pas la fille qui est assise à côté de moi dans ce train!, la lavande, les pêches blanches, la colle à papier peint, le pain grillé, la citronnelle, le caramel. 

    June 27

    Tague, taguons, taguez

    Einna m'a proposé un petit jeu d'écriture tout nouveau: le tag. De quoi s'agit-il? eh bien, il s'agit de dévoiler 7 traits de son caractère à travers 7 symboles; on passe ensuite la main à 7 personnes de son choix qui acceptent cette façon de se présenter ou pas! à vos claviers, si ça vous tente... 
     
    Le chat: j'aime me vautrer sur des canapés confortables, j'aime les calins; ce qui ne m'empêche pas de rester indépendante. Je retombe toujours sur mes pattes.
    Le papillon: j'ai changé de peau et de vie et je suis bien plus lègère et plus libre aujourd'hui que je ne l'ai été.
    La fourmi: je cours souvent, j'ai une tendance à être boulimique de travail et à aimer ça.
    L'éléphant: je n'arrive que rarement à oublier une vacherie qu'on m'a faite, même si je l'ai pardonnée. Les bienfaits aussi, heureusement.
    La marmotte: j'attends les grasses-mâtinées du dimanche avec impatience et je les rate à titre vraiment exceptionnel!
    L'hirondelle: toujours en mouvement et en quête d'un perpétuel ailleurs.
    Le paon: j'aime les parures, les bijoux et les pierres précieuses. Et comme le paon sur les plumes de sa queue, j'ai récupéré les cent yeux qu'Argos portaient sur son dos. Mes élèves en savent quelques choses!
     
     
    April 11

    Une bonne journée

     

    Tous les ingrédients d'une bonne journée:
    - se réveiller, naturellement, en douceur, sans rêveil
    - dire "je t'aime" à quelqu'un
    - entendre quelqu'un nous dire "je t'aime"
    - aller chez le dentiste qui vous dit que vos dents sont en pleine santé
    - avoir du temps pour soi
    - voir un écureuil traverser le jardin
    - rêvasser au soleil
    - passer du temps avec des amis
    - voir s'ouvrir les fleurs
     
     
    ... et se réveiller sans avoir mal au nez (:o)
     
    Et pour vous?
     
    September 08

    Inventaire

    Cette semaine de rentrée, en quelques chiffres:
     
    - six nuits d'insomnie.
    - cinq litres de café.
    - deux litres de déca.
    - un paquet de Kinder Schokobons avalé.
    - la visite de trois supermarchés pour trouver un lot de chemises à 3 rabats. En vain.
    - un restaurant avec Nicolas.
    - cinq verres de vin blanc et un martini rouge.
    - un rendez-vous manqué avec ma stagiaire.
    - un rendez-vous réussi.
    - quatre tentatives pour obtenir des marqueurs auprès du bureau de gestion.
    - un lot de marqueurs acheté.
    - trente-quatre parts dans un gâteau.
    - quatre compliments de mon principal.
    - un projet mis au point.
    - deux coups de sifflet.
    - un annabrevet et trois spécimens reçus.
    - un sac poubelle de pubs de rentrée.
    - cinq "je suis crevée" le soir en rentrant.
    - vingt sept "fait chier, après manger, faut que j'bosse"/"j'ai du boulot"/"j'vais bosser".
    - trois épisodes de prison-break et une finale de Koh-Lanta.
    - un cours improvisé (déjà!)
    - deux sandwiches complets accompagnés de berrichons.
    - une cueillette de mirabelles.
    - cinq réunions.
    - quatre bonnes crises d'angoisse.
    - cinq crises de fou-rire.
    - vingt six degré dans la salle 228, tous les jours.
    - la rencontre des cent trente quatre têtes plus ou moins blondes avec qui je vais passer l'année.
     
    Et vous, votre semaine de rentrée, c'était comment?
     
     
     
    May 16

    Des lieux où l'on est bien

    Il existe des lieux où l'on se sent mieux que d'autres. D'abord, il y a ceux où, dès l'entrée, on se sent mal à l'aise; et l'on a qu'une envie, c'est d'en sortir le plus vite possible. Et il y a ces lieux, qui rassurent, qui calment et qui apaisent, dans lesquels on se sent bien, en sécurité. Petit atelier donc, toujours sous la forme d'inventaire, pour rendre hommage à ces lieux-là.
     
    Les lieux dans lesquels je me sens bien,
    Caen, Bristol, les vieilles rues de Bayeux,
    l'obscurité d'une salle de cinéma, bien calée dans un fauteuil,
    le cimetière du Père Lachaise,
    une place de train, côté fenêtre,
    la terrasse d'un café, 
    le musée d'Orsay
    la cathédrale de Bayeux,
    Toulouse,
    un bain chaud et parfumé,
    la plage de Saint Côme de Fresné,
    la maison de mes parents,
    le parc du Duc Jean,
    les jardins botaniques,
    dans ma chambre de jeune fille,
    la place Navone, à Rome; et Rome, toute entière,
    mon bureau,
    la montagne quand il fait beau
    les monts de Ryes,
    mon lit,
    une librairie à l'ancienne, un fauteuil confortable,
    une chilienne, dans mon jardin au soleil,
    la gare de Limoges, la gare de Tours,
    et les bras de mon amour.
     
     
     
    April 13

    Le temps ne fait rien à l'affaire

    Comment vous dire?

    D'abord, sachez que je suis loin d'être fière de l'atelier que je vous propose. Si, si, vous pouvez me croire, j'ai (un peu seulement, faut pas exagérer, non plus) honte. En fait, il est issu d'une conversation très enrichissante que j'ai eue avec l'un d'entre vous, il y a quelques minutes; conversation que nous appellerons "détendante", et même, lâchons le mot "décompressante". Je dirais même, compte tenu de la tournure de la discussion, et faisant fi de tout respect grammatical: des cons pressantes. Oui, vous l'avez compris, avec mon con-parse (dont je tairai le nom, par total respect pour sa personne et ses hautes fonctions), nous avons fait tous les jeux de mots possibles à partir du son "con". Âmes sensibles, quittez cette page avant de lire les jeux de mots suivants. Quant aux autres, vous pouvez devenir "con-plisse" de ce petit jeu en laissant un con-ment-taire.

     

    con sans trique, con sentant (très fort),

    con sans taon, queue sans mouche

    con tenté, con ce typé, con ce pué, con sans suce, con-ta-minet

    cons strictors, con scie

    un zircon scie

    un con scie la bulle

    un con-vexe con-fort-table, con-cave

    un con pétant,

    un con venant, un con venu

    un con venant, des cons venus

    con-tact-truelle, con-table

    un con teste-table

    un con court, un con tourné, con tournant

    un con sciant, con pas tissant

    con-chie-tas, con-texte, con-cul pissant

    con promis, chose due

    con-torsion

    les cons fédérés sont des cons qui s'adorent

    un con tournable

    un con-sistant

    un con dit: "tionnel" ("tionnel")

    un con dit: "ment"

    un con dit : "ciple"

    un con parti ment

    les cons parables et les cons parés

    April 04

    Adoption

    Après quelques mois de répis pour cause d'organisation de voyage, revoilà les petits ateliers d'écriture.
    Petit atelier un peu particulier aujourd'hui, mais c'est pour la bonne cause: je vous propose d'adopter un des mots suivants, rares, voire en voie de disparition.
    Comment faire? C'est tout simple, le choisir dans la liste, et l'employer dans une phrase que vous laisserez en commentaire. Si vous avez quelque souci à retrouver le sens d'un des mots proposés (c'est qu'il est vraiment temps de le sauver), laissez-moi un commentaire, je vous en donnerai la définition.
    Voici ma liste (si vous en voyez d'autre, n'hésitez pas à les laisser en commentaire également), livrée en vrac.
    (Avec tout ça, ça risque d'en faire, des commentaires!)
     
    impéritie, obsolète, superfétatoire, callipyge, zonzonner, ripopée, nonobstant, pérégrinations, maupiteux, cénobite, hypocoristique, hypogée, apogée, s'ébaubir, émacié, coquecigrue, calembredaine, fifrelin, malitorne, billevesées, tribulations, parturition, cacochyme, salmigondis, borborygme, nesciemment, bornoyer, haricoter, logomachie, chauvir, béotien, phénicoptère, nyctalope. 
     
    February 02

    humeur du soir

    Il y a des jours sans, mais des soirs avec. Aujourd'hui, la journée a très mal commencé. Et puis, ce soir, un resto improvisé et une conversation avec un ami, jusqu'à il y a quelques minutes, et je sais que la nuit sera paisible et que le lever ne sera pas trop pénible demain matin.
    Hasards de la vie, je lis en ce moment les Notes de Chevet, de Sei Shônagon, que j'ai découvert lors d'un atelier d'écriture. Récits intimes d'une femme de la cour de l'empereur du Japon, aux environs de l'an 800, qui évoque ses goûts, raconte des anecdotes de sa vie. Mais pas au jour le jour, les choses et événements sont classés par thèmes: lacs, fleurs, choses que l'on méprise, baies, choses qui font naître la colère... et choses qui égayent le coeur.
     
    Eh bien, voici celles qui égayent le mien:
    -Entendre la voix d'une personne que l'on aime.
    -Voir un écureuil traverser le jardin.
    -Le sourire d'un enfant.
    -Un compliment.
    -La sortie des premiers coucous dans le jardin.
    -La Flûte Enchantée de Mozart.
    -L' attente de retrouvailles.
    -Être la première à marcher dans la neige.
    -Le rire de Mathieu quand il me voit et les bisous mouillés de Quentin.
    -Une personne que l'on a rencontrée une seule fois, lors d'une soirée chez un ami commun, passe en voiture et s'arrête pour dire bonjour et demander des nouvelles.
    -Le chat qui joue avec la pelote de laine pendant que je tricote.
    -Le soleil froid qui brille dans le ciel bleu pâle de l'hiver.
    -Un contrôleur gentil qui vous souhaite "bon voyage".
    -Un lever de soleil multicolore.
    -Un cours improvisé qui a bien marché.
    -S'entendre dire "je t'aime" et le dire à son tour.
    -Se réveiller, ouvrir les volets et voir le jardin recouvert de neige.
    -Revoir un ami que l'on n'a pas vu depuis longtemps et que ce soit comme si l'on s'était quittés la veille.
    -La musique de Gershwin dans Un Américain à Paris.
    -Croiser le chemin et le regard de quelqu'un de très beau.
    -Une chanson que l'on aime et que l'on n'avait pas entendue depuis longtemps.
    -Une belle phrase.
    -La sensation, au réveil, que la journée sera bonne.
     
    Et vous, quelles sont les choses qui égayent votre coeur? 
    January 04

    j'aime, je n'aime pas: petit atelier pour démarrer l'année en douceur.

    Je me suis dit qu'en ces temps où nous sommes tous très occupés, un petit atelier, récréatif, ludique, défouloir, mais très simple et très rapide serait le bienvenu.
    voici un inventaire, inspiré de celui de Roland Barthes, que je vous livre, suivi du mien:
     

    J’aime : les fruits de mer, le vin qu'il soit blanc ou rouge, le chocolat, le thé au jasmin, l'odeur de la mer en colère, les oeufs Kinder et leurs surprises, les fraises Tagada. J'aime les huîtres, les rencontres fortuites, les discussions à bâton rompu, les cris des enfants quand ils jouent dans les cours d'école, les opéras de Verdi et le Requiem de Mozart; j'aime les asperges,  les comédies musicales et le gratin de brocolis, Harry Potter, les Annales du Disque Monde; j'aime Baudelaire, les chats, La Guerre des Etoiles, les poèmes d'Ovide, le lierre, William Turner, Hamlet, les opérettes; les mots, surtout les gros, dans toutes les langues. J'aime le bleu, Bénabar, le Journal d'un Tueur sentimental, les films d'action, les stylos avec des plumes, les peluches, les membres de ma tribu, la tronche de mon grand-père quand il chante "Les Biroutes", Francis Bacon, l'explosion de la mousse d'une bière brune quand il fait chaud. J'aime les voyage en train et l'odeur des gares, Rome, Bristol, Prague, Londres et Paris (dans cet ordre), Boris Vian et San Antonio, Yul Brunner, Steve Mac Queen et le groupe Queen; j'aime machouiller les bouchons de stylos-billes, porter des chapeaux, raconter et écouter des blagues absurdes et les couleurs extravagantes...

    Je n’aime pas : le fromage blanc, les choux de Bruxelles, les corsages col-claudine, les géraniums, les fraises, la méchanceté gratuite, l'abus de pouvoir, le Miss Dior, BHL, les compromissions, les impératifs catégoriques, la géométrie dans l'espace. Je n'aime pas le bowling, être en retard, "être obligée de", la laine parce que ça gratte, le linoléum, la bêtise, le grec et les trombones tordus; je n'aime pas être prise en photo. qu'on me casse mes jouets, qu'on me prenne mes affaires sans me le demander, qu'on me dise non; le dernier Amélie Nothomb, les librairies où les livres sont rangés n'importe comment, les grands magasins, le "bip" au passage en caisse, les assiettes de décoration, les cacahuettes, l'odeur du tabac froid, les betteraves rouges, le céleri, les petits sacs parce qu'on ne peut rien y mettre, les grands sacs parce qu'on n'y retrouve jamais rien, je n'aime pas les montres et les mauvais souvenirs.

     

     
    December 11

    c'est bien

    Le petit atelier que je vous propose ce mois-ci, vient du titre et de l'esprit d'un livre de Philippe Delerm, intitulé: C'est Bien.
     
    Petits moments délicieux de la vie, petits plaisirs quotidiens. En voici quelques-uns des miens. quels sont les vôtres?
     
    C'est bien d'être en week-end et de n'avoir rien à faire.
    C'est bien de manger avec les doigts.
    C'est bien de rester tout seul éveillé quand tout le monde est déjà endormi.
    C'est bien de se coucher dans l'herbe fraîchement coupée.
    C'est bien d'embrasser son amoureux dans la nuit d'une salle de cinéma.
    C'est bien de goûter la purée dans la casserole avec le doigt.
    C'est bien d'écosser les petits pois et de plonger les mains dedans après.
    C'est bien de se promener au bord de la mer, quand il fait si froid que ça pique le visage.
    C'est bien d'emballer les cadeaux de Noël.
    C'est bien quand on commence à tomber amoureux, quand on est tout empli de la pensée légère de l'autre.
    C'est bien de lutter contre le sommeil qui pique les yeux pour finir la lecture d'un livre qu'on aime.
    C'est bien de planter et semer les fleurs au printemps.
    C'est bien de voyager dans un pays étranger.
    C'est bien de rentrer chez soi après une longue absence.
    C'est bien quand on monte l'escalier.
     
     
     
    November 23

    je me souviens

    autre petit jeu de notre petite fabrique d'écriture, que je vous propose aujourd'hui, après l'avoir proposé à mes élèves de troisième en ce début d'année pour faire connaissance: se souvenir à la manière de Georges Pérec, dans ses "Je me souviens". Les élèves avaient à en écrire au moins 20, en réfléchissant le moins possible, et en triant le moins possible dans leur mémoire.
     
    Lorsqu'ils écrivent ainsi, j'écris aussi. Voici les 28 premiers "je me souviens" qui sont revenus à la surface cette année, que je vous livre en guise de motivation d'écriture, avant, je l'espère de lire quelques-uns des vôtres. (il n'y a aucune obligation à ce qu'il y en ait 20, je vous rassure...)
     
    1.
    Je me souviens du papier peint de ma chambre, dans l'appartement que nous habitions à Bayeux.
    2.
    Je me souviens de l'Île aux enfants et de Récré A2.
    3.
    Je me souviens de mon premier jour d'école.
    4.
    Je me souviens que tout ce qui brille n'est pas or.
    5.
    Je me souviens des noms des gares entre Vierzon et Orléans.
    6.
    Je me souviens du 11 juillet 2005.
    7.
    Je me souviens avoir décollé une bague de mon appareil dentaire en mangeant un caramel. L'orthodontiste m'a gueulé dessus, ce jour-là.
    8.
    Je me souviens de Colargol, l'ours qui chante en fa, en sol.
    9.
    Je me souviens quand on m'a opérée des amygdales et des végétations.
    10.
    Je me souviens de "Non, non, mon cher amour/ Je ne vous aimais pas"
    11.
    Je me souviens de la première fois où j'ai vu Jacques Brel à la télévision.
    12.
    Je me souviens que mes parents m'attachaient en laisse, étant petite: je me sauvais tout le temps.Je me souviens aussi qu'à cette époque, mon père m'avait surnommée Camember!
    13.
    Je me souviens de toutes les fois où je suis tombée amoureuse.
    14.
    Je me souviens de mes premiers élèves.
    15.
    Je me souviens du jour où le trompettiste des Négresses Vertes m'a baisé la main, dans un pub de Bristol.
    16.
    Je me souviens du parfum du varech échoué sur la plage.
    17.
    Je me souviens de la libération de Nelson Mandela.
    18.
    Je me souviens de la moustache de Freddy Mercury.
    19.
    Je me souviens avoir pensé un jour: "les mecs sont tous des cons. Y en a pas un pour racheter tous les autres!"
    20.
    Je me souviens quand Julien et moi, on soufflait dans les prises!
    21.
    Je me souviens quand Gwen et moi noyions notre mal du pays dans un grand cru de Bordeaux.
    22.
    Je me souviens de mon premier Noël anglais.
    23.
    Je me souviens que "rien ne sert de courir, il faut partir à point" et que "qui veut voyager loin ménage sa monture"
    24.
    Je me souviens avoir chanté Yesterday, dans un pub, accompagnée au piano par un mec qui s'appelait Paul.
    25.
    Je me souviens avoir vu la Guerre des Etoiles trente trois fois.
    26.
    Je me souviens des Brigades du Tigre.
    27.
    Je me souviens d'Hélène.
    28.
    Je me souviens aussi de choses que j'aimerais oublier.
    29.
    Je me souviens...
     
     
    November 04

    sur mon bureau, en ce moment

     

    Sur mon bureau, en ce moment, de droite à gauche : le dernier Harry Potter, un peigne, un rouleau de scotch, un élastique, trois trombones gris et un bleu, un stylo plume décapuchonné dont l’encre noire a séché sur la plume, mon tout nouveau lecteur MP3 ;

    une souris sur son tapis, un produit pour nettoyer des cd, un repose-sachet-de-thé en plastique en forme de théière ; un gros pot en terre avec des stylos, un petit pot en verre… avec des stylos ;

    une freebox qui clignote ;

    deux téléphones, fidèles cerbères siégeant de chaque côté de mon écran d’ordinateur ;

    un écran avec des feuilles d'érable en fond; un clavier et mes deux mains dessus;

    un pantin à l'air expectatif;

    six dvd en pile, un livre de poche (Romain Gary, Clair de Femme) au milieu de la pile, un paquet de chewing-gum à la chlorophylle, une agrafeuse rouge et jaune sur la pile ;

    un cours intitulé ‘fiche de synthèse sur les connecteurs logiques’, un stylo bille noir sans bouchon ;

    un ravier en verre avec élastiques, post-it bleus verts, jaunes, un morceau de bolduc bleu marine, une gomme dans son emballage, un bracelet brésilien, un timbre ayant déjà servi (le cachet de la poste faisant foi !)

     

    et vous, qu’y a-t-il sur votre bureau ?

    September 30

    portrait chinois

    tous les ans, je mène avec les élèves un ou deux ateliers d'écriture. dont ce fameux portrait chinois. et chaque année, pendant qu'ils rédigent le leur, je rédige le mien. ce qu'il y a de plus drôle et de plus intéressant, c'est qu'ils ne se ressemblent en rien, d'une année sur l'autre. et pourtant, ils me ressemblent tous. j'avais envie de vous faire lire celui de cette année. et qui sait, vous donner envie de vous livrer vous-mêmes à ce petit exercice d'écriture tout à fait jubilatoire.
     

    Portrait chinois

     

    Si j’étais une couleur, je serais le gris de la mer sous la pluie.

    Si j’étais un geste, je serais un bonjour de la main.

    Si j’étais un vêtement, je serais une robe de toutes les couleurs. Ou alors une veste des surplus de l’armée, qui protège autant contre le froid, la pluie, le vent, que contre le soleil.

    Si j’étais un lieu, je serais ma baignoire.

    Si j’étais une boisson, je serais un expresso italien, bu piazza Navona. Sans sucre, surtout. Et avec son verre d’eau.

    Si j’étais un moment de la journée, je serais minuit.

    Si j’étais un animal, je serais un chat parce que c’est pas fatigant d’être un chat : on dort, on chasse, on mange, on dort…

    Si j’étais un objet, je serais un sac à main avec, à l’intérieur, un carnet, un stylo, des clés, un livre, un autre livre, un portefeuille, et encore un livre. Et ce sac serait magique ; on y trouverait facilement ce que l’on cherche.

    Si j’étais une partie du corps, je serais mon petit orteil droit.

    Si j’étais un souvenir, j’en serais un bon.

    Si j’étais un adjectif, je serais « superfétatoire », prononcé avec l’accent anglais.

    Si j’étais un personnage de dessin d’animation, je serais Collargol, l’ours qui chante en fa, en sol.

    Si j’étais une odeur, je serais le parfum des grandes marées.

    Si j’étais un végétal, je serais un lierre.

    Si j’étais un âge, je serais 28 ans. Demandez à Nicolas ; il sait pourquoi.

    Si j’étais un pays, je serais l’Angleterre.

    Si j’étais une faute d’orthographe, je serais le h dans overwhelming. Je ne sais jamais où il va.

    Si j’étais une chanson, je serais Addicted to Love, de Robert Palmer.

    Si j’étais une photo, je serais une photo noir et blanc, floue, et de dos.

    Si j’étais un bijou, je serais un bracelet indien.

    Si j’étais un sentiment, je serais la colère, qui retombe très vite après avoir éclaté.

    Si j’étais un dérèglement climatique, je serais une tornade.

    Si j’étais un film, je serais une comédie musicale avec Gene Kelly. Ou un film de Bruce Willis. Ou Star Wars. Ou The Rocky Horror Picture Show, etc. Bref, un de ceux que j’ai vu plus de dix fois.

    Si j’étais une ville, je serais Rome, évidemment !