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September 26 Parole du jour"Qu'est-ce que je fous à ne plus écrire?", elle me demande dans un commentaire que je suis seule à voir...
D'abord, c'est faux, j'écris beaucoup en ce moment! Ai jamais autant écrit; des interviews, des commentaires sur les géniales proses de mes élèves; des compte-rendus; des articles; des présentations de pratiques; des rapports d'incidents... (et puis, d'abord, j'écris quand je veux. Non, mais des fois!)
Alors, quand j'ai quelques minutes, je l'avoue, je pose mon stylo rouge, cesse de faire courir mes petits doigts agiles sur un clavier et me plonge dans le plus passionnant des romans d'aventure: L'Île au Trésor, de Stevenson. Je ne l'avais jamais lu (même pas honte!); comme la plupart des romans dont mon père me vantait les mérite quand j'avais huit ans: L'Appel de la Forêt, Croc Blanc, Jerry Chien de Cirque (mon père est un inconditionnel de Jack London!) , Voyage au Centre de la Terre (de Jules Verne aussi!), les aventures de Tom Sawyer et Huckleberry Finn. Bref des histoires de chiens, de savants et de garçons. Tout pour plaire à une petite fille de huit ans.
Tout pour me dégoûter de la lecture, oui! au lieu de me permettre d'y plonger. Les parents, des fois, c'est à se demander ce qu'il peut bien leur passer par la tête! Alors les histoires de petit garçon qui embarque sur un bateau avec des pirates et une carte au trésor... Il a fallu que j'attende d'en recevoir un spécimen gratuit en début d'année pour me plonger dedans. Un régal!
Voilà ce que je fais à ne plus écrire trop régulièrement ici, et à rappatrier petit à petit les articles rédigés sur mon autre blog, amené à disparaître dans moins de 270 jours. September 19 Paroles d'élèves- Madame, c'est quand qu'on va voir la Joconde? - Non, on dit: "Madame, quand va-t-on voir la Joconde?" - Ouais: "Quand va-t-on voir la Joconde?" - Bientôt.
- Madame, c'est quand qu'on la voit, la Joconde? - On dit: "Quand va-t-on voir la Joconde?". - Ouais: "Quand va-t-on voir la Joconde? - Bien-tôt.
- Madame, elle est où la Joconde? - Elle est là, devant toi. - Non, pas celle-là, la deuxième? - La deuxième Joconde? - Ben oui, la vraie, quoi, la grande. - Euh..., c'est la VRAIE Joconde. - C'est ça, la Joconde? Aouf, l'arnaque! Portrait de voyageur (30)"Et voilà. C'est pas encore aujourd'hui que je vais rentrer à l'heure. Il a du retard. Encore. J'adore la manière dont ils présentent les choses sur le panneau d'affichage: "retard probable: 10 minutes". "Retard probable". Comme ça, on est bien avancé. Ils n'en sont même pas sûrs eux-mêmes! En même temps, c'est plus confortable pour eux. Avant, ils annonçaient des valeurs certaines: "il aura cinq minutes de retard". "Cinq minutes", c'était vite dit, c'était plus souvent plus proche des dix ou quinze que des cinq. Donc forcément, ça rendait les gens impatients et ils avaient tendance à se mettre en rogne, les gens. On finissait par se dire que les cinq minutes SNCF, c'était un peu comme le fameux quart d'heure berrichon.
"Retard probable"... Le temps d'écrire ces lignes et le retard vient de passer de dix à quinze minutes. Effectivement, il vaut mieux qu'ils gardent le "probable"; y a vraiment rien de certain! Et encore, je n'ai pas à me plaindre : deux autres trains sont annoncés avec du retard, l'un avec un retard probable de vingt minutes et le second avec un retard probable de trente minutes. Avec mes quinze minutes, si la probabilité se stabilise, ce n'est pas moi le plus mal loti, finalement.
Message au haut parleur pour annoncer le retard probable de mon train: "En raison de difficultés de gestion du trafic, le train express régional centre numéro etc, etc..." ??? Euh... Franchement? je comprends tous les mots séparément: "raison", je connais, "difficultés", aussi, "gestion", ça va, je gère, "trafic", pareil. Par contre, tous ensemble "En raison de difficultés dans la gestion du trafic"... l'explication devient moins claire, du coup! C'est en ça qu'ils sont forts à la SeNeCeFe ; imparable. On ne peut pas leur reprocher de ne pas informer les voyageurs. On ne comprend rien à l'information, mais au moins, on est informés. Im-pa-ra-ble pour empêcher que les gens ne gueulent: comment pouvez-vous vous plaindre d'un dysfonctionnement quand vous ne comprenez pas la nature même de ce dysfonctionnement? Non, franchement, très fort! Le gars qu'ils payent pour la com', il mérite son salaire!
Bon, enfin, moi, je ne suis pas plus avancé, dans tout ça. Mon train a toujours quinz... ah non, trente-cinq minutes de retard. De probable en probable, mon train devient de plus en plus improbable. Je le savais bien: faut toujours se méfier des probabilités!" September 17 Paroles de voyageurs- Nan, hier soir, j'ai pas eu le temps; je devais finir mon livre. Et après, j'ai fait des fiches pour l'Histoire-Géo. - J'te crois pas. - Siiii, j'te jure: j'ai lu le livre hier soir. Et je le lirai jusqu'au bout. Si tu me crois pas, j'ai même lu le début hier et c'est vachement bien, même. - Moi, j'aurais pas lu le livre, j'aurais juste lu le dossier qu'est à la fin. - C'est pas le dossier qu'on va étudier, c'est le livre! - Quitte à glander, au lieu du livre, t'aurais pu faire des crêpes! Il s'en est fallu d'un cheveuÇa y est, c'est officiel: je vieillis. C'est un cheveu qui me l'a dit.
Ce matin. Je venais de me sécher et de me brosser les cheveux. Je les attache, me regarde dans le miroir. Il était là, dressé sur le haut de mon crâne, pplanté bien à la verticale, hirsute, court et épais comme un crin de cheval. Il aurait pu se faire discret, se noyer dans la masse de mes cheveux longs. Mais non, il était là, au garde-à-vous, à me défier dans le miroir. Mon premier cheveu blanc. Nouveau coup de brosse pour le faire rentrer dans le rang. Une fois. Deux fois. J'essaie de l'aplatir avec un peu d'eau. Mais il s'obstine, le bougre! toujours là, à me narguer, dans le miroir, raide comme la justice qui vient de rendre son verdict: "Eh oui, cocotte, t'es comme tout le monde, tu n'y échapperas pas: tu vieillis!" Face à cette provocation, je tente de l'arracher, mais rien n'y fait: il résiste, planté, m'envoyant des signaux genre "sensation-coup d'aiguille" pour bien me faire comprendre , qu'il est bien ancré et qu'il ne va pas lâcher le morceau comme ça et que ce combat-là, je l'ai perdu d'avance.
C'était pas tout ça, l'horloge tournait et il fallait bien couper court à cette confrontation et en finir rapidement. Je l'ai donc attaqué aux ciseaux, en prenant garde de ne pas sacrifier un de mes cheveux blonds au passage.
Je n'allais tout de même pas le laisser avoir le dessus, tout de même! September 14 Portrait de voyageur (29)Elle attend sur le quai d'en face. Extrêmement nerveuse. C'est pour cela que je la remarque: Ses yeux vont invariablement des portes d'accès au quai à la pendule, en un va-et-vient incessant. Comme si elle avait peur. ... Non, ce n'est pas cela, elle n'a pas peur. Elle attend quelque chose. Qui ne se produit pas.
J'imagine: elle est allée au cinéma, cet après-midi. Lorsqu'elle est arrivée dans la salle, il n'y avait personne. Elle a pris son temps pour choisir sa place et s'asseoir. D'habitude, elle s'asseoit très vite, et retire son manteau une fois assise. Ce n'est pas très pratique, mais au moins, elle ne sent le regard de personne dans son dos. Elle n'aime pas qu'on la regarde, ça la met mal à l'aise.
Là, il n'y avai personne, alors, elle a pu tout à loisir retirer son mateau debout, avant de le plier, de le poser sur le siège à sa gauche et de s'asseoir. Il est arrivé, après le début du film. Tout seul, aussi. Il a choisi la même rangée, a retiré son propre manteau, qu'il a posé à côté du sien, à elle. Et il s'est assit.
Elle a entendu sa respiration dans le noir. Elle l'a entendu sourire aux moments où elle respirait aussi. Alors, elle a voulu voir son visage. Elle a regardé très vite. Dans le noir. Dans le noir, le film, l'histoire, il semblait beau. Mais elle a regardé trop vite; la peur qu'il puisse penser qu'elle le regardait.
Le générique, les lumières. Il s'est enveloppé de son grand manteau noir. Il est sorti avant elle, sans qu'elle puisse voir son visage nettement. Elle est sortie de la salle très vite, trop vite, dans la peur de le perdre dans la foule avant d'avoir vu son visage. Elle a suivi le manteau et a accéléré, en panique, manquant d'air., regardant droit devant elle. Sortir avant lui, retrouver l'air, s'enlever cette obsession idiote de la tête. Et puis, elle s'est retournée, pour regarder son visage se fondre avec le visage du héros du film, les mêmes cheveux longs cendrés, tirés en arrière, la même allure. Elle a encore accéléré le pas. Partir. Fuir. La sotte idée de revenir en arrière et de le suivre.
Et maintenant elle est sur le quai, essouflée, le visage tendu vers un train qui n'arrive pas assez vite.
Lorsque le train est arrivé au loin, j'ai vu ses traits se détendre et se radoucir. La crise était passée. Ben, me revoilà...J'y arrive pas. Pour être claire, je n'arrive pas à fermer ce blog et à ne plus y écrire. J'en ai ouvert un autre, mais ce n'est pas pareil. Il est presque tout pareil, en apparence, mais ... c'est pas mon blog. Vous me direz, il n'existe pas depuis longtemps et je suis en train de l'étouffer au berceau. Oui, c'est vrai. Mais c'est ici que j'aime écrire. C'est un peu comme une nouvelle paire de chaussures; plus neuves, plus "présentables", plus brillantes (plus chères peut-être) Mais vous n'êtes pas aussi bien que dans vos vieilles groles informes et qui prennent l'eau, mais dans lesquelles vous êtes si bien. Alors, me revoilà. |
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