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    June 29

    La folle journée...

    ... ou la journée "expositions" au collège.
     
    Aujourd'hui, grande journée au collège, les élèves exposaient leurs créations de l'année lors d'une journée porte-ouverte. expos d'Histoire-géo, SVT, Anglais, Allemand, lecture à haute voix, écriture de poèmes, arts plastiques, musique et chant... Toutes les matières ou presque étaient représentées lors de ce grand jour. Le latin aussi. Et je dois dire que les élèves ont vraiment assuré!
    D'abord, 4èmes et 3èmes: tous en costumes, pour la journée! 47 latinistes en costumes. Les 3ème pour leur défilé de mode, et les 4èmes pour accueillir les visiteurs.
    Les 3ème étaient tous là, et ont présenté quatre fois leur défilé de mode de costumes romains devant camarades des autres niveaux, professeurs et parents; avec beaucoup de plaisir et de professionnalisme (surtout la quatrième fois). Déborah, en maîtresse de cérémonie et du micro, Damien-César fier de montrer à son bras Clara-Cornelia et Laure-Cléopâtre, et tous les autres esclaves gaulois, ou grecs, simples plébéiens ou patriciens renommés..
    Quant aux 4èmes qui exposaient les maquettes et le site associé qu'on leur a fait fabriquer, Mike et moi, ils ont assurés comme des chefs.
    D'abord, ils avaient prévu le parcours suivant: accueil par Victoria, passage devant deux gardes, chargés, avec leur double hache de gérer le flux. Présentation des maquettes par Mathilde. Puis présentation du site par cinq élèves, chacun ayant un poste informatique en responsabilité. Récupération de la foule par Victoria vers la salle d'en face où Benjamin commentait l'exposition de civilisation latine.
    Il fallait voir Victoria accueillir les gens à l'entrée et leur présenter le parcours. Ensuite, Mathilde présentant les monuments, comme un guide professionnel. Idée géniale qu'elle a eue: on avait décidé de présenter également le "trivial pursuit" latin qu'on avait créé avec les élèves, il y a deux ans, et pour faire patienter les gens, avant de les diriger vers les ordinateurs, elle leur posait des questions du Trivial Pursuit!
    Mais je crois que le meilleur de tous, ce fut Benjamin, qui a commenté en guide professionnel la salle de civilisation romaine qui comprenait une galerie d'empereurs romains, une expo sur la cuisine romaine, la numismatique, la médecine et la mythlogie, capable de tenir son auditoire attentif (même les groupes les plus dissipés!) pendant plus de trente minutes, à l'aide de détails croustillants sur les empereurs ou l'utilisation des instruments de chirurgie.
     
    Une journée harassante, pendant laquelle je n'ai pas arrêté de courir entre les trois salles (soit treize traversées de la cours dans le sens de sa longueur! la salle du défilé se trouvant à l'opposé des deux autres salles) où les élèves exposaient, en essayant aussi de trouver le temps de voir les expositions et les spectacles des autres (et je n'ai pas pu tout voir). Ce soir, je marche en canard, tant mes pieds me font mal, j'ai mal partout, je suis crevée mais quelle belle journée et quelle belle façon de se dire au revoir se fut là!
    June 27

    Tague, taguons, taguez

    Einna m'a proposé un petit jeu d'écriture tout nouveau: le tag. De quoi s'agit-il? eh bien, il s'agit de dévoiler 7 traits de son caractère à travers 7 symboles; on passe ensuite la main à 7 personnes de son choix qui acceptent cette façon de se présenter ou pas! à vos claviers, si ça vous tente... 
     
    Le chat: j'aime me vautrer sur des canapés confortables, j'aime les calins; ce qui ne m'empêche pas de rester indépendante. Je retombe toujours sur mes pattes.
    Le papillon: j'ai changé de peau et de vie et je suis bien plus lègère et plus libre aujourd'hui que je ne l'ai été.
    La fourmi: je cours souvent, j'ai une tendance à être boulimique de travail et à aimer ça.
    L'éléphant: je n'arrive que rarement à oublier une vacherie qu'on m'a faite, même si je l'ai pardonnée. Les bienfaits aussi, heureusement.
    La marmotte: j'attends les grasses-mâtinées du dimanche avec impatience et je les rate à titre vraiment exceptionnel!
    L'hirondelle: toujours en mouvement et en quête d'un perpétuel ailleurs.
    Le paon: j'aime les parures, les bijoux et les pierres précieuses. Et comme le paon sur les plumes de sa queue, j'ai récupéré les cent yeux qu'Argos portaient sur son dos. Mes élèves en savent quelques choses!
     
     
    June 24

    Poème du dimanche

    Petit matin

     

    Je te reconnaîtrai aux algues de la mer

    au sel de tes cheveux aux herbes de tes mains

    Je te reconnaîtrai au profond des paupières

    je fermerai les yeux tu me prendras la main

     

    Je te reconnaîtrai quand tu viendras pieds nus

    sur les sentiers brûlants d'odeurs et de soleil

    les cheveux ruisselants sur tes épaules nues

    et les seins ombragés des palmes du sommeil

     

    Je laisserai alors s'envoler les oiseaux

    les oiseaux long‑courriers qui traversent les mers

    Les étoiles aux vents courberont leurs fuseaux

    les oiseaux très pressés fuiront dans le ciel clair

     

    Claude ROY, Poésies, Éd. Gallimard

    June 22

    Il y a un dieu des carrefours

     
    Mon intention n'est absolument pas de vous parler de Mercure, dieu des voyageurs et des carrefours, mais juste de vous dire que mon aventure surpermarchesque vient de trouver son épilogue!
    Je l'ai eue, ma lettre d'excuses, et en recommandé avec accusé de réception. Mercredi... Avec un bon d'achat de 20 euros. . Qu'est-ce qu'on ne ferait pas pour ramener à soi des même-pas-clients mécontents, dans l'univers impitoyable des supermarchés!
     
     
    Mais j'y pense, mercredi, c'est Mercurii dies, en latin. Finalement, il y a peut-être du Mercure là-dessous, après tout...
     
    June 19

    Caen à l'heure romaine

    Samedi 23 juin, à l'abbaye d'Ardennes, près de Caen se déroulera, "de midi à minuit", la manifestation "Entre chouette et louve", 12 heures pour fêter les Grecs et les Romains, aux environs du solstice d'été.
     
    Le programme est téléchageable à cette adresse: http://www.imec-archives.com/files/chouetteweb5.pdf
    L'entrée est gratuite, des ateliers sont organisés pour les enfants (fabrication de fibules, de pièces de monnaie, atelier de cuisine antique, etc...). Représentations théâtrales, lectures, conférences, combats de gladiateurs sont au programme des réjouissances.
     
    Bon solstice et bonne fête à tous les veinards qui pourront être au rendez-vous.
    June 18

    Amor Roma

    Pour voir la ville éternelle comme vous ne l'avez encore jamais vue:

    http://www.romereborn.virginia.edu/

    Exploration virtuelle de Rome à son apogée, vers 320 après J.-C., sous le règne de Constantin Ier.

    Cette reconstitution est le fruit de dix ans de travaux d'archéologues, d'architectes et d'informaticiens des universités de Virginie et de Los Angeles (Etats-Unis), et d'instituts de recherche italiens, britanniques et allemands, sous la direction d'un spécialiste de la Rome antique, Bernard Frischer.

    Elaborée à partir de cartes et de catalogues d'édifices, avec cette renaissance en images de synthèse 3D poussez les portes du Colisée, de la curie, du Forum ou encore du cirque Maxime.

    Dans la galerie du site, quatre vidéos pour une exploration des plus réalistes. Bonne promenade. 

     
     
    June 17

    poème du dimanche

    PAUCA MEAE, IV, Victor Hugo

    Oh! je fus comme fou dans le premier moment,
    Hélas! et je pleurai trois jours amèrement.
    Vous tous à qui Dieu prit votre chère espérance,
    Pères, mères, dont l'âme a souffert ma souffrance,
    Tout ce que j'éprouvais, l'avez-vous éprouvé?
    Je voulais me briser le front sur le pavé;
    Puis je me révoltais, et, par moments, terrible,
    Je fixais mes regards sur cette chose horrible,
    Et je n'y croyais pas, et je m'écriais : Non! --
    Est-ce que Dieu permet de ces malheurs sans nom
    Qui font que dans le coeur le désespoir se lève? --
    Il me semblait que tout n'était qu'un affreux rêve,
    Qu'elle ne pouvait pas m'avoir ainsi quitté,
    Que je l'entendais rire en la chambre à côté,
    Que c'était impossible enfin qu'elle fût morte,
    Et que j'allais la voir entrer par cette porte!

    Oh! que de fois j'ai dit : Silence! elle a parlé!
    Tenez! voici le bruit de sa main sur la clé!
    Attendez! elle vient! laissez-moi, que j'écoute!
    Car elle est quelque part dans la maison sans doute!

                            Jersey, Marine-Terrace, 4 septembre 1852.

    June 15

    Jolimammouth bloquée au carrefour

    Hier, dans la boîte au lettre: un petit mot de mon postier préféré m'annonçant que j'avais reçu une lettre recommandée, qui m'attendait aux guichets de la poste. Les lettres recommandée avec AR, je suis comme beaucoup de gens, je n'aime pas ça; généralement, ça n'est pas vraiment de bon augure.
    Hervé va la chercher ce matin, en sortant du travail. L'ouvre d'une main fébrile, et découvre un courrier du service sécurité d'un grand magasin, de la Seine Saint Denis, dont la décence m'empêche de divulguer le nom. Allez, je vous donne tout de même un indice: le nom de ce grand magasin est caché dans le titre de cet article.
    Que nous voulait donc ce grand magasin quatre-vingt-treizien dans lequel nous n'avons jamais mis les pieds? Tout simplement nous prier d'enlever notre voiture, stationnant de façon prolongée et avec un défaut de vignette assurance dans leur parking sans quoi sous huitaine, ils la feraient enlever par la police, à nos frais, bien entendu. Etant montés dans notre voiture ce matin, panique à bord. On imagine le pire: on nous a volé nos numéros de plaques, et on a peut-être même fait des trucs pas très honnêtes avec.
    Hervé téléphone au service sécurité du dit magasin, se rend à la gendarmerie pour connaître la marche à suivre, prêt à déposer plainte. Le gendarme lui dit qu'il va prendre contact avec la gendarmerie de la ville qui commence par "mon" et finit par "treuil" et nous rappeler dans la journée. Ce qu'il fait effectivement, pour nous dire que... le service sécurité du grand magasin s'est trompé en lisant la plaque d'immatriculation de la voiture et qu'il ne s'agit absolument pas de la nôtre: tout est arrangé. Sauf avec le personnel de ce grand-magasin: comment se fait-il qu'il ait contacter la gendarmerie, demandé une identification au registre des cartes grises, avant même d'avoir vérifier le numéro de la plaque de voiture (ce qui aurait éviter pour eux, une perte de temps et d'argent en LRAR et pour nous, des inquiétudes inutiles et une impression d'incursion dans notre vie privée fort désagréable)?
     
    Ils sont admirables, dans ce grand magasin. Je les ai appelés et ai demandé à parler au responsable du service sécurité, pour avoir quelques explications sur cette erreur de lecture de plaque. Premier essai, on me raccroche au nez. Je réitère (là, vous vous doutez bien, que ça commence à me faire monter en pression) et je tombe enfin sur le dit-responsable à qui je pose mes questions. Et là, formidable, le chef de la sécurité! Il me ressort toute la panoplie des techniques à deux balles de la "négociation de responsable de secteur made in Grand Magasin":
    1. ne jamais répondre aux questions directes du client et noyer le poisson.
    2. avant toute chose, ne jamais prononcer l'once du début d'un commencement d'excuse.
    3. appliquer la règle du "ni oui, ni non": remplacer OUI par EFFECTIVEMENT ("et il me comprend EFFECTIVEMENT", "il conçoit TOUT A FAIT mes inquiétudes EFFECTIVEMENT"); quant à s'excuser de la boulette...
    4. toujours reporter la faute sur l'assistant.
    5. lorsque le client demande des excuses par courrier, le prendre de haut, devenir péremptoire et l'accuser de formuler des menaces.
    Je n'y peux rien, mais cette technique, si évidente, si usée déjà, a vraiment eu le don de me mettre en pétard. Et quand je suis en pétard, surtout quand en plus, je me sens dans mon droit et que mon interlocuteur me prend pour une buse, c'est plus fort que moi, je n'arrive pas à lâcher prise. Bénéfice net pour ce monsieur, je me suis obstinée dans ma demande de lettre d'excuse, dans les mêmes conditions que le pli reçu ce matin: en recommandé avec accusé de réception (y a pas de raison), dans les plus brefs délais. (je crois même avoir exigé le courrier pour la semaine prochaine, tant j'étais agacée par l'attitude de mon correspondant).
    Puis je lui ai souhaité une bonne journée, et j'ai raccroché, sans attendre de savoir s'il en faisait de même, tant sa condescendance me faisait monter dans les tours.
     
    Moi qui n'aimait déjà pas les grands magasins, ça n'a pas arrangé mon cas (refour, mouarf)!
     
    June 12

    En juin

    Voilà, j'ai été occupée tout le temps et je n'ai pas trouver l'occasion ni le loisir d'écrire ce jour-là. C'est la première chose que j'ai dite à mes élèves ce jour-là: "Vous savez quel jour on est?" Mais écrire, après. Le temps a débordé, comme d'habitude. Et pourtant, j'y pense toujours. C'était il y a six jours, et c'était le 6 juin. Que c'est-il passé de si important ce jour-là? En 1944, le 6 juin, les alliés débarquaient sur les plages normandes. J'étais loin d'être née, mais cette date me touche. D'abord, parce que chez moi, à Bayeux, cette date, on la fête toujours. Les vétérans viennent, occupent les hôtels aux noms évocateurs, défilent avec leurs médailles, se recueillent devant les monuments aux morts, et participent aux cérémonies dans les cimetières anglais, canadiens, américains ou allemands qui parsèment la région. On se rappelle toujours, et ces vieux soldats cotoient les enfants des écoles et racontent...
    La première année où je suis arrivée en Berry, j'ai été surprise, parce que ce 6 juin, si important chez moi, en Berry, il ne se commémore pas.
     
    ... Chez nous. C'est la fête. Un peu moins éclatante et médiatisée d'année en année, certes, mais c'est la fête. Et dans ma famille peut-être plus que dans d'autres, je le sais. Mon père accroche le drapeau normand et le drapeau anglais à la fenêtre, va boire un verre avec un vieux vétéran anglais avec lequel il a lié connaissance lors des festivités du cinquantième anniversaire du débarquement, appelle ma tante en Angleterre, réveille tout le monde au son du bagpipe (tradition particulièrement insupportable, s'il en est!) et passe en boucle des chansons du débarquement.
     
    Mon père avait 8 ans, au moment du débarquement. Tous les ans, il raconte: La maison à quelques mètres de la Kommandantur. Mon grand-père chantant Le Temps des Cerises et l'Internationale pour Noël, devant ma grand-mère épouvantée, le départ des Allemands la nuit avant l'arrivée des alliés, la construction du Bypass autour de Bayeux et le vol des couvertures qui lui servaient de soubassement dans lesquelles ma grand-mère a taillé des manteaux, le chocolat et le corned beef, ma tante travaillant à la YMCA et rapportant du savon et de la pâte-dentifrice à la maison, sa rencontre avec mon oncle, débarqué avec les troupes écossaises, les enfants qui jouaient à la guerre avec de vraies armes...
    Et ses souvenirs de l'époque, je les connais par coeur au point que parfois, j'ai l'impression qu'ils sont devenus mes souvenirs.

    Oradour

    Dimanche, on était le 10 juin, c'était le triste anniversaire d'Oradour et il y a eu très peu de journalistes pour le rappeler à notre souvenir. "Quiconque oublie son passé est condamné à le revivre", Primo Levi.
     

    Oradour, Jean Tardieu

    Oradour n'a plus de femmes

    Oradour n'a plus un homme

    Oradour n'a plus de feuilles

    Oradour n'a plus de pierres

    Oradour n'a plus d'église

    Oradour n'a plus d'enfants

     

    Plus de fumée plus de rires

    Plus de toits plus de greniers

    Plus de meules plus d'amour

    Plus de vin plus de chansons.

     

    Oradour, j'ai peur d'entendre

    Oradour, je n'ose pas

    Approcher de tes blessures

    De ton sang de tes ruines,

    je ne peux je ne peux pas

    Voir ni entendre ton nom.

    Oradour je crie et hurle

    Chaque fois qu'un coeur éclate

    Sous les coups des assassins

    Une tête épouvantée

    Deux yeux larges deux yeux rouges

    Deux yeux graves deux yeux grands

    Comme la nuit la folie

    Deux yeux de petits enfants:

    Ils ne me quitteront pas

     

     

     

     

     

    Oradour je n'ose plus

    Lire ou prononcer ton nom.

     

    Oradour honte des hommes

    Oradour honte éternelle

    Nos coeurs ne s'apaiseront

    Que par la pire vengeance

    Haine et honte pour toujours.

     

    Oradour n'a plus de forme

    Oradour, femmes ni hommes

    Oradour n'a plus d'enfants

    Oradour n'a plus de feuilles

    Oradour n'a plus d'église

    Plus de fumées plus de filles

    Plus de soirs ni de matins

    Plus de pleurs ni de chansons.

     

    Oradour n'est plus qu'un cri

    Et c'est bien la pire offense

    Au village qui vivait

    Et c'est bien la pire honte

    Que de n'être plus qu'un cri,

    Nom de la haine des hommes

    Nom de la honte des hommes

    Le nom de notre vengeance

    Qu'à travers toutes nos terres

    On écoute en frissonnant,

    Une bouche sans personne,

    Qui hurle pour tous les temps.

    June 11

    Le Combat d'Hiver

    Ça faisait des semaines que je n'arrivais pas à trouver un livre qui m'enthousiasme. D'autant que je suis entrée dans une de mes grandes périodes "j'ai-envie-de-lire-mais-je-ne-sais-pas-quoi-et-surtout-pas-un-truc-trop-sérieux-parce-que-je-n'ai-pas-assez-le-moral-pour-ça-pas-un-classique-parce-que-je-vais-m'en-gaver-toutes-les-vacances-plutôt-un-truc-pas-trop-prise-de-tête-et-bien-écrit-tout-de-même-en-attendant-le Harry Potter-de-juillet".

    D'autant aussi que mon stock de Terry Pratchett est épuisé. "T'as qu'à en racheter!" me direz-vous avec tout le bon sens dont vous faites souvent preuve. Oui, mais comme notre feu regrettée unique librairie s'est transformée en bar à tapas, mon pays, question littérature, c'est devenu le plat pays et des Terry Pratchett comme des lectures plus sérieuses, c'est à 60 kilomètres qu'il me faut désormais aller les chercher.

     

    Mais j'ai trouvé. Une délicieuse libraire-fée est venue au collège et m'a proposé ce livre: Le Combat d'Hiver, de Jean-Claude Mourlevat, aux Editions Gallimard-Jeunesse (mais les adultes peuvent le lire aussi!); l'aventure trépidante de quatre adolescents qui tentent d'échapper aux sbires d'un régime dictatorial nommé la Phalange, dans un monde inquiétant et sombre. C'est un récit bien rythmé, bien écrit.

     

    Bonne lecture.

    June 10

    Poème du dimanche soir

    J'aime l'aube aux pieds nus qui se coiffe de thym

    J'aime l'aube aux pieds nus qui se coiffe de thym,
    Les coteaux violets qu'un pâle rayon dore,
    Et la persienne ouverte avec un bruit sonore,
    Pour boire le vent frais qui monte du jardin,

    La grand'rue au village un dimanche matin,
    La vache au bord de l'eau toute rose d'aurore,
    La fille aux claires dents, la feuille humide encore,
    Et le divin cristal d'un bel oeil enfantin.

    Mais je préfère une âme à l'ombre agenouillée,
    Les grands bois à l'automne et leur odeur mouillée,
    La route où tinte, au soir, un grelot de chevaux,

    La lune dans la chambre à travers les rideaux,
    Une main pâle et douce et lente qui se pose,
    "Deux grands yeux pleins d'un feu triste",et,sur toute chose

    Une voix qui voudrait sangloter et qui n'ose...

     

    Albert Samain.


    June 04

    Joli Mammouth et les ados (2)

    Voilà, la touche finale des procédures d'orientation vient d'être posée, et je vais enfin pouvoir souffler et redevenir la personne gentille, douce, calme, aimable et pas stressée du tout que je suis par nature. Surtout après la semaine folle que je viens de passer, folle, c'est le mot. Je sais que certains se disent: elle exagère. Eh bien non, je n'exagère pas: ma classe de troisième, cette année, ce fut ma pénitence, mon chemin de croix à moi, mon calvaire. Regardez-les et vous allez comprendre:
    Portraits de mes plus beaux spécimens d'ados de cette année.
     
    D'abord, laissez-moi vous présenter "Chuidésolé, M'dame": "Chuidésolé M'dame" oublie toujours un truc: son classeur, son devoir, sa trousse, ses enveloppes, son dossier d'orientation, voire même une fois son cartable, laissé à côté de son bureau, le matin avant de partir. Mais ce qu'il y a de formidable avec "Chuidésolé M'dame", c'est qu'on sait quand il a oublié quelque chose: il se met à parler avant vous, prend les devants. Pas besoin de vous faire deviner sa première phrase: "Chuidésolé M'dame, vous allez pô être contente, mais j'ai oublié mon classeur/ mon devoir/ ma trousse/ mes enveloppes/ mon dossier d'orientation/ mon cartable (rayez les mentions inutiles). Chuidésolé, M'dame. Mais je vous l'apporte lundi/demain/cet après-midi."
     
    "Chuidésolé M'adame" n'est rien à côté de "Ben Chaibin". Les deux se ressemblent beaucoup: Ben Chaibin oublie aussi  beaucoup de choses (lui aussi son classeur, son devoir, sa trousse, ses enveloppes, et caetera...).  Leur différence: leurs réponses et la fréquence des oublis, car Ben Chaibin oublie plus souvent, surtout de rendre ses devoirs et de faire ses exercices. Ce qui n'empêche pas Ben Chaibin d'avoir de grandes ambitions de médecin ou d'avocat. Mais Ben Chaibin a, pense-t-elle (car, Ben Chaibin, malgré son petit nom est bien une fille), une arme secrète: quand vous expliquez à Ben Chaibin que passer en seconde avec 08 de moyenne en mathématiques, 06 de moyenne en sciences physiques et 09.5 de moyenne en SVT pour faire médecine, c'est un peu déraisonnable, elle vous regarde en prenant un regard mouillé, la lippe triste d'un enfant qui a fait une grosse bêtise ou qui a un gros chagrin, penche la tête sur le côté version cocker et branle du chef, preuve qu'elle est totalement d'accord avec vous et vous susurre de sa voix la plus douce: "Ben Chaibin..."
     
    Quant au dernier, au plus fort, au plus beau, je vous présente mon champion toutes catégories "Ben Chavaipô": "Ben, Chavaipôkifalèdèzenveloppes"; "Ben Chavaipôkoimette alors j'lai pas fait, votre truc, là, vot' rédac."; "Chavaipôcombienfalèdetimb'surlenveloppe alors j'en ai pris un carnet, vous les collerez vous-même, M'dame."
     
    Et ça a été comme ça toute l'année, et c'est parti pour durer jusqu'au 4 juillet. Et dire que mon docteur ne comprend pas pourquoi je suis stressée!
     
    June 03

    Poème du dimanche 2 juin

    Apparition

    La lune s'attristait. Des séraphins en pleurs
    Rêvant, l'archet aux doigts, dans le calme des fleurs
    Vaporeuses, tiraient de mourantes violes
    De blancs sanglots glissant sur l'azur des corolles.
    - C'était le jour béni de ton premier baiser.
    Ma songerie aimant à me martyriser
    S'enivrait savamment du parfum de tristesse
    Que même sans regret et sans déboire laisse
    La cueillaison d'un Rêve au coeur qui l'a cueilli.
    J'errais donc, l'oeil rivé sur le pavé vieilli
    Quand avec du soleil aux cheveux, dans la rue
    Et dans le soir, tu m'es en riant apparue
    Et j'ai cru voir la fée au chapeau de clarté
    Qui jadis sur mes beaux sommeils d'enfant gâté
    Passait, laissant toujours de ses mains mal fermées
    Neiger de blancs bouquets d'étoiles parfumées.