Joli's profileLectures, écritures et é...PhotosBlogListsMore Tools Help

Blog


    April 29

    Poème du dimanche amoureux

    De celui qui entra de nuit chez s'amie

     

    De nuit et jour faut être aventureux,
    Qui d'amour veut avoir biens plantureux.
    Quant est de moi, je n'eus onc crainte d'âme,
    Fors seulement, en entrant chez ma Dame,
    D'être aperçu des languards dangereux.

    Un soir bien tard me firent si peureux
    Qu'avis m'était qu'il était jour pour eux :
    Mais si entrai-je, et n'en vint jamais blâme
    De nuit et jour.

    La nuit je pris d'elle un fruit savoureux :
    Au point du jour vis son corps amoureux
    Entre deux draps plus odorants que basme.
    Mon Oeil adonc, qui de plaisir se pâme,
    Dit à mes Bras : " Vous êtes bien heureux
    De nuit et jour. "
     
    Clément Marot, Adolescence Clémentine.
    April 25

    Stanley Milgram

     
    "Stanley Milgram a mené dans les années 50/60 des expériences visant à déterminer où finit la soumission à l'autorité et où commence la responsabilité de l'individu ; comment concilier les impératifs de l'autorité avec la voix de la conscience...."

    La suite est à découvrir ici: http://perso.orange.fr/qualiconsult/milgram.html
     
    April 24

    Le loup est dans la bergerie (3)

    Parce qu'il ne suffit pas d'avaler de la craie pour adoucir sa voix et d'enduire sa patte de farine pour être une chèvre... Un loup reste toujours un loup, même s'il clame, patte farinée sur le coeur, qu'il a changé.

    Les événements présents ont comme un gout de Conte de Grimm:

    Il était une fois une vieille chèvre qui avait sept chevreaux et les aimait comme chaque mère aime ses enfants. Un jour, elle voulut aller dans la forêt pour rapporter quelque chose à manger, elle les rassembla tous les sept et leur dit :
    - Je dois aller dans la forêt, mes chers enfants. Faites attention au loup ! S'il arrivait à rentrer dans la maison, il vous mangerait tout crus. Ce bandit sait jouer la comédie, mais il a une voix rauque et des pattes noires, c'est ainsi que vous le reconnaîtrez.
    - Ne t'inquiète pas, maman, répondirent les chevreaux, nous ferons attention. Tu peux t'en aller sans crainte.
    La vieille chèvre bêla de satisfaction et s'en alla. Peu de temps après, quelqu'un frappa à la porte en criant :
    - Ouvrez la porte, mes chers enfants, votre mère est là et vous a apporté quelque chose.
    Mais les chevreaux reconnurent le loup à sa voix rude.
    - Nous ne t'ouvrirons pas, crièrent-ils. Tu n'es pas notre maman. Notre maman a une voix douce et agréable et ta voix est rauque. Tu es un loup !
    Le loup partit chez le marchand et y acheta un grand morceau de craie. Il mangea la craie et sa voix devint plus douce. Il revint ensuite vers la petite maison, frappa et appela à nouveau :
    - Ouvrez la porte, mes chers enfants, votre maman est de retour et vous a apporté pour chacun un petit quelque chose.
    Mais tout en parlant il posa sa patte noire sur la fenêtre ; les chevreaux l'aperçurent et crièrent :
    - Nous ne t'ouvrirons pas ! Notre maman n'a pas les pattes noires comme toi. Tu es un loup !
    Et le loup courut chez le boulanger et dit :
    - Je me suis blessé à la patte, enduis-la-moi avec de la pâte.
    Le boulanger lui enduisit la patte et le loup courut encore chez le meunier.
    - Verse de la farine blanche sur ma patte ! commanda-t-il.
    - Le loup veut duper quelqu'un, pensa le meunier, et il fit des manières. Mais le loup dit : - Si tu ne le fais pas, je te mangerai.
    Le meunier eut peur et blanchit sa patte. Eh oui, les gens sont ainsi !
    Pour la troisième fois le loup arriva à la porte de la petite maison, frappa et cria :
    - Ouvrez la porte, mes chers petits, maman est de retour de la forêt et vous a apporté quelque chose.
    - Montre-nous ta patte d'abord, crièrent les chevreaux, que nous sachions si tu es vraiment notre maman.
    Le loup posa sa patte sur le rebord de la fenêtre, et lorsque les chevreaux virent qu'elle était blanche, ils crurent tout ce qu'il avait dit et ouvrirent la porte. Mais c'est un loup qui entra. Les chevreaux prirent peur et voulurent se cacher. L'un sauta sous la table, un autre dans le lit, le troisième dans le poêle, le quatrième dans la cuisine, le cinquième s'enferma dans l'armoire, le sixième se cacha sous le lavabo et le septième dans la pendule. Mais le loup les trouva et ne traîna pas : il avala les chevreaux, l'un après l'autre. Le seul qu'il ne trouva pas était celui caché dans la pendule.

    Lorsque le loup fut rassasié, il se retira, se coucha sur le pré vert et s'endormit. Peu de temps après, la vieille chèvre revint de la forêt. Ah, quel triste spectacle l'attendait à la maison ! La porte grande ouverte, la table, les chaises, les bancs renversés, le lavabo avait volé en éclats, la couverture et les oreillers du lit traînaient par terre. Elle chercha ses petits, mais en vain. Elle les appela par leur nom, l'un après l'autre, mais aucun ne répondit. C'est seulement lorsqu'elle prononça le nom du plus jeune qu'une petite voix fluette se fit entendre :
    - Je suis là, maman, dans la pendule !

    Elle l'aida à en sortir et le chevreau lui raconta que le loup était venu et qu'il avait mangé tous les autres chevreaux. Imaginez combien la vieille chèvre pleura ses petits ! Toute malheureuse, elle sortit de la petite maison et le chevreau courut derrière elle. Dans le pré, le loup était couché sous l'arbre et ronflait à en faire trembler les branches. La chèvre le regarda de près et observa que quelque chose bougeait et grouillait dans son gros ventre.
    - Mon Dieu, pensa-t-elle, et si mes pauvres petits que le loup a mangés au dîner, étaient encore en vie ?
    Le chevreau dut repartir à la maison pour rapporter des ciseaux, une aiguille et du fil. La chèvre cisailla le ventre du monstre, et aussitôt le premier chevreau sortit la tête ; elle continua et les six chevreaux en sortirent, l'un après l'autre, tous sains et saufs, car, dans sa hâte, le loup glouton les avaient avalés tout entiers. Quel bonheur ! Les chevreaux se blottirent contre leur chère maman, puis gambadèrent comme le tailleur à ses noces. Mais la vieille chèvre dit :
    - Allez, les enfants, apportez des pierres, aussi grosses que possible, nous les fourrerons dans le ventre de cette vilaine bête tant qu'elle est encore couchée et endormie.

    Et les sept chevreaux roulèrent les pierres et en farcirent le ventre du loup jusqu'à ce qu'il soit plein. La vieille chèvre le recousit vite, de sorte que le loup ne s'aperçut de rien et ne bougea même pas. Quand il se réveilla enfin, il se leva, et comme les pierres lui pesaient dans l'estomac, il eut très soif. Il voulut aller au puits pour boire, mais comme il se balançait en marchant, les pierres dans son ventre grondaient.

    Cela grogne, cela gronde,
    mon ventre tonne !
    J'ai avalé sept chevreaux,
    n'était-ce rien qu'une illusion ?
    Et de lourdes grosses pierres
    les remplacèrent.

    Il alla jusqu'au puits, se pencha et but. Les lourdes pierres le tirèrent sous l'eau et le loup se noya lamentablement. Les sept chevreaux accoururent alors et se mirent à crier :
    - Le loup est mort, c'en est fini de lui !
    Et ils se mirent à danser autour du puits et la vieille chèvre dansa avec eux.

    Le Loup et les sept Chevreaux.

    April 23

    Joli Mammouth au Printemps de Bourges - épisode 2

    Voici la suite et la fin des aventures trépidantes de Joli Mammouth au Printemps de Bourges. Certes, cette suite devait venir plus tôt, mais l'actualité a pris le dessus ces deux derniers jours et repoussé à aujourd'hui mes pérégrinations berruyères. Nous nous étions donc à l'excellente prestation de Feist. Ce fut un très beau moment. Voix claire, mélodies sympathiques, oserais-je ajouter "son pas pourri"? Oui, j'ose. En un mot: superbe.
    Vous allez me demander: "Oui, mais il est où, le deuxième méchant pas beau dans toute cette histoire?" et vous avez bien raison. Ce à quoi je réponds: "il est arrivé en même temps que Jacques Higelin". Higelin, le moment que nous attendions avec impatience. Le voir, une nouvelle fois! Et pour le voir, dans la fosse, du haut de mes 1,54 m, c'était loin d'être gagné d'avance. C'est ce que devait penser également la douzaine de personnes qui nous entourait: au début du concert, nous nous sommes retrouvés dans un coin uniquement constitué de gens pas très grands. Le grand bonheur... de courte durée, parce qu'est arrivé un grand bonhomme (notre grand méchant pas beau) qui a décidé de s'installer devant notre petit groupe pour profiter du concert, lui qui pouvait voir le concert de partout, du haut de ses deux mètres (pour vous donner un point de repère: son coude se trouvait à la hauteur de mon nez). Big Foot au pays des Léprechaunes!
    Je vous aurais bien raconter comment la solidarité des Léprechaunes que nous étions a eu raison du méchant Big Foot, malheureusement, notre entraide -réelle- n'a guère impressionné le géant qui a pris un malin plaisir à répondre à nos protestations par coups de coudes, légères bousculades et autres hauts faits dignes de sa grandeur.
    Nous avons donc petit à petit cédé la place, pour en trouver une bien meilleure loin du vilain Big Foot pas beau, pour profiter à plein du concert d'Higelin, toujours en forme.
    Quant à Olivia Ruiz, elle m'a bluffée. Une vraie bête de scène! Et un vrai plaisir de l'entendre reprendre des chansons comme Le Requiem pour un con, ou encore Malaguena, bien différente de celle de Dario Moreno, mais tout aussi belle. Un grand moment!
     
     
    Pour résumer:
    Combat gagné contre un méchant: 1
    Concerts réussis: 3
    Une excellente soirée!
    April 22

    Le loup est dans la bergerie (2)

     
    Le loup est dans la bergerie, ... et avec l'accord d'une brebis sur trois.
    April 21

    De 1910, mais de circonstance

    LES CANDIDATS EXCENTRIQUES
    Gaietés et Tristesses Electorales
    par
    Eugène Duclay (1910)

    ~~~~

    Les médecins aliénistes, prétendait il y a une vingtaine d'années un auteur anecdotique, Simon Brugal, ont observé que les périodes électorales amènent une recrudescence des cas de folie. Gardons-nous de nous inscrire en faux contre assertion, énoncée, d'ailleurs, sans l'apport d'aucune statistique ; nous aurions probablement tort. Outre les conflagrations sociales telles que les révolutions, les émeutes et les grèves, ne savons-nous pas déjà que des événements retentissants comme catastrophes, crimes, procès sensationnels tourmentent fâcheusement la cervelle de nos contemporains ?
       
    Ceux qu'en temps d'élections on qualifie de « candidats toqués » sont les victimes vouées de cet autre phénomène qui sévit constitutionnellement tous les quatre ans, la période électorale.
     
    La proclamation du suffrage universel mit sur pied le premier contingent de ces candidats. Dans ses Murailles révolutionnaires, Alfred Delvau nous a conservé leurs professions de foi.
       
    Dès 1848, Lamiral, sonneur à Saint-Eustache, veut être mandataire du peuple : « J'ai été, déclare-t-il, trop malheureux en ménage pour ne pas être heureux en politique ». Alof Pourrat, chef de bataillon de la IIe (?) considère la France comme « le Christ du monde séduit » et démontrera à la tribune que « le meilleur des engrais est l'engrais humain ». Charlemagne Béjot propose de remplacer les statues du Luxembourg par des rosiers à cent feuilles ! Bellée, avocat à la cour d'appel et agriculteur, rêve d'établir une noblesse paysanne. Les huit quartiers de paysannerie dont se targuait Proudhon auraient, par exemple, donné droit à un marquisat rural. Rue-Destrem, descendant du Destrem de la Législative et des Cinq-Cents, se prévaut de son célibat : « La nation sera ma famille, des lois équitables seront mes enfants ». Desrosiers inventa, en Seine-et-Oise, la profession de foi illustrée. Il adornait ses affiches d'un bélier, d'un âne et d'un boeuf. Cet essai de vulgarisation artistique ne lui porta pas bonheur. Augustin Colson, de la Meuse : « Je dévoilerai à la France entière les causes de la maladie des pommes de terre et les moyens d'en atténuer les effets ».

     
    la suite est à cette adresse, http://www.bmlisieux.com/archives/duclay01.htm 
    en téléchargement autorisé et gratuit

     

    April 20

    Joli Mammouth au Printemps de Bourges - épisode 1

    Après Joli Mammouth au Supermarché, Joli Mammouth à Rome et avant Joli Mammouth à la plage, voici: Joli Mammouth au Printemps de Bourges!
    Eh oui, hier soir, c'était soirée de gala pour Joli Mammouth par le truchement du concert qui réunissait Adrienne Pauly, Feist, Jacques Higelin et Olivia Ruiz. Et le plus fort, c'est qu'il nous est encore arrivé tout un tas d'aventures extraordinaires (en fait, deux), pleines de méchants pas beaux (en fait, deux aussi), dignes des plus belles pages de ce blog.
    Le premier méchant, nous avons croisé son chemin alors que nous venions de renoncer à écouter Adrienne Pauly. Pourquoi renoncé? Eh bien, nous avons été plutôt déçus, je dois dire. D'abord, parce que le son était carrément pourri, ce qui 1) rendait les textes incompréhensibles et 2) provoquait en nous des résonances de la tête à la glotte à vous faire douter de la régularité de votre rythme cardiaque. Ensuite parce qu'elle nous l'a joué "grande tringle torturée en imperméable", qui voit pas grand chose à travers ses cheveux et qui essaie de chauffer la salle en enchaînant des blagues pourries (du genre: "Comment on appelle les habitants de Bourges? des Bourgeois et des Bourgeoises?" Mouarf, mouarf mouarf. Finalement c'était mieux quand on ne comprenait rien à cause du son tout pourri).
    Bref, nous avions renoncé et jugé préférable d'écouter la fin de l'extérieur, afin de remettre nos tympans et nos coeurs d'aplomb, autour d'une bonne bière et d'un sandwich. Comble de bonheur: deux chaises et une tables nous tendaient les bras. Nous nous installons donc, mon Loulou et moi, buvons une gorgée rafraîchissante, reposons notre bière sur la table et attaquons goulûment nos hot-dogs appétissants, quand soudain un homme (c'est lui, le méchant!) passe à côté de nous, donne un coup dans la table, renversant nos deux bières généreusement sur le sol. Et bien, savez-vous ce qu'il a fait, le monsieur, après? Eh bien.... RIEN. Si, plutôt, il est parti, sans maudire ni mot dire, comme si de rien n'était, à notre grande surprise (mais aussi, et c'est plutôt rassurant, à la surprise des gens qui étaient autour de nous), recharger son hot dog en mayonnaise.
    Ce genre de situation me déroute toujours. J'ai beaucoup de mal à comprendre ce genre de comportement, je l'avoue et ça me perturbe toujours. Je ne sais jamais trop comment réagir, mais j'ai plutôt tendance à ne pas lâcher le morceau. Je suis donc allée trouver le malautru (sous l'oeil inquiet de mon Loulou, qui a toujours peur, dans ce genre d'histoires, que le méchant soit un vrai méchant et qu'il me colle une tarte) au stand des sandwiches, où devant tout le monde, je lui ai dit avec la plus grande courtoisie donc j'étais capable à ce moment-là: "Excusez-moi, monsieur, mais lorsque l'on renverse le verre de quelqu'un, la moindre des politesse est de s'excuser et de proposer de rembourser le verre renversé." Sur quoi, après un rapide coup d'oeil à l'entour (au cas où..., on ne sait jamais), notre brave homme s'est exécuté et nous avons pu enfin, mon Loulou et moi nous désaltérer avant d'assister à l'excellente prestation de Feist.
    (to be continued)
     
    April 16

    En souvenir de Pâques et des lapins

    Je suis tombée dessus par hase-hard!

    Le loup dans la bergerie

     
    D'abord, il a commencé comme ça: concernant la pédophilie, il se disait "incliné (...) à penser qu'on naît pédophile".
    A propos du suicide des jeunes, il poursuivait: "Il y a 1200 ou 1300 jeunes qui se suicident en France chaque année (...) ce n'est parce que leurs parents s'en sont mal occupés ! Mais parce que, génétiquement, ils avaient une fragilité".
    Puis, interrogé sur France 2, il est revenu à la charge et a une nouvelle fois posé la question de l'inné et de l'acquis en matière de pédophilie : « Qui peut me dire que c'est normal d'avoir envie de violer un petit enfant de trois ans ? Est-ce que c'est un comportement normal ? », ajoutant : « Je voudrais apporter un témoignage personnel, ça ne m'a jamais traversé l'esprit ». Puis, il a poursuivi avec ceci: "Par exemple, quand j’étais enfant, j’étais choqué parce que l’on expliquait, quand un enfant était homosexuel : 'sa mère a eu tort, elle a dormi avec lui'. Quand un enfant était anorexique, on disait : 'le père était absent'. Quand un enfant était autiste, on disait : 'oh là ! les parents ont divorcé, cela a provoqué un choc'. Depuis, on sait que l’autisme, c’est génétique".
     
    Et depuis, j'y pense toujours. A cause de ces mots prononcés, et de ces amalgames qui mettent dans le même sac, pédophiles, adolescents en souffrances, homosexuels et autistes. A cause de cette manière de détourner un langage scientifique pour faire entrer ce genre d'amalgames dans la tête de ceux qui n'ont pas la culture suffisante pour se défendre.
    Et surtout, à cause de ce qui n'a pas été dit, de cette fin de raisonnement d'un candidat à la présidence absente, mais que l'on suppose si grave, si terrifiante. Cette fin manquante de raisonnement qui résonne tout de même à mes oreilles et qui fait défiler devant mes yeux, des images en noir et blanc, filmées dans des camps d'internement et des salles médicales de l'Allemagne des années 1930.
    April 15

    Poème du dimanche

    La pluie

     La pluie fine a mouillé toutes choses, très doucement, et en
    silence. Il pleut encore un peu. Je vais sortir sous les arbres.
    Pieds nus, pour ne pas tacher mes chaussures.

    La pluie au printemps est délicieuse. Les branches chargées
    de fleurs mouillées ont un parfum qui m'étourdit. On voit briller
    au soleil la peau délicate des écorces.

    Hélas ! que de fleurs sur la terre ! Ayez pitié des fleurs
    tombées. Il ne faut pas les balayer et les mêler dans la boue ;
    mais les conserver aux abeilles.

    Les scarabées et les limaces traversent le chemin entre les
    flaques d'eau ; je ne veux pas marcher sur eux, ni effrayer ce
    lézard doré qui s'étire et cligne des paupières.

     
    Pierre Louÿs, Les Chansons de Bilitis.
    April 13

    Initiales: B.B.

     
    Aujourd'hui, les élèves de troisième planchaient sur les épreuves de leur deuxième Brevet Blanc de l'année, ultime répétition avant "le vrai" brevet du mois de juin. Le texte nous avais paru assez simple: il s'agissait de la première scène de la pièce de Feydeau: On purge bébé. Cette scène expose le dialogue entre Monsieur Follavoine et Rose, sa bonne, envers laquelle il se montre méprisant, avant de se montrer lui-même méprisable et ridicule.
    La rédaction que nous avions retenue, nous parraissait elle aussi plutôt simple: "Vous avez été, un jour, le témoin ou la victime d'une scène de mépris. Racontez les événements en précisant les circonstances de la scène et les sentimets éprouvés". Facile, n'est-ce pas? Pas transcendant, mais facile...
    ... En fait, pas si simple: au moment où j'ai lu le sujet, j'ai vu dans les vingt quatre paires d'yeux face à moi beaucoup d'incompréhension et de détresse: le mot "mépris" était loin d'être vraiment compris.
     
    L'épreuve commence. Beaucoup de regards perdus, de ratures, de recherches sans but dans le dictionnaire. De recherches dans le regard de l'autre de quoi se rassurer, une réponse, peut-être, le partage au moins d'une même situation, d'un sentiment partagé.
    Et là, dans les froissements de papiers et les grattements de mines et de plumes, la voilà, cette scène de mépris que tous cherchent à raconter. Sous mes yeux. Sous les leurs, qui ne voient rien; ça n'a duré que quelques secondes: le temps pour l'un d'entre eux de lever la main et de me demander: "Madame, ça veut dire quoi: "qqn" dans un dictionnaire?" et pour eux de réagir: pour certains, ce fut très fugace, le temps d'un sourire à peine esquissé, d'un simple rictus; pour d'autres, le temps juste de lancer la réflexion suivante, à peine audible: "Eh ben, il ne doit pas ouvrir souvent un dictionnaire, pour ne pas savoir ça!" Quelques secondes, pendant lesquelles aucun n'a perçu qu'ils étaient témoins ou acteurs d'une scène de mépris (les uns parce qu'ils étaient déjà tout à leur écrit, ou tout à la roseur de leur page blanche; les autres, parce qu'ils se sont métamorphosés, sans même y penser, en Follavoine).
     
    Alors, j'ai vu combien c'était difficile, pour eux comme sujet. Difficile, parce que c'est si simple le mépris, à 15 ans. C'est facile, quotidien. Tellement quotidien qu'on ne le reconnaît plus. Nous lirons surement des histoires édifiantes de profs humiliant leurs élèves, plus largement d'adultes humiliant des jeunes (après tout, avec un sujet comme celui-là, on l'a bien cherché!), d'insultes et de coups donnés dans les cours de récréation, etc... . Mais il était déjà là, dans leur manière de sourire en coin devant l'ignorance de ce garçon, ou dans ces gestes aussi naturels et simples, qu'ils ont eu, parfois de prendre un dictionnaire sur la table du voisin sans lui demander s'il en a besoin.
     
    April 11

    Pourquoi offre-t-on des oeufs à Pâques?

     
    Le week-end de Pâques est passé et nous entrons tous dans la période de la dégustation des chocolat en formes d'oeufs, mais aussi de poissons, de poules ou de lapins. Mais savez-vous d'où vient cette coutume d'offrir des oeufs à Pâques?

    Tout simplement du Carême qui interdisait toute consommation de produits animaux, y compris les œufs. Mais les poules, elles, n'arrêtaient pas de pondre pour autant! Au terme des 40 jours du Carême, le stock d'œufs devenant important, il fallait donc, à Pâques, les distribuer généreusement ! On faisait cuire les moins frais et on les décorait, avant de les offrir.

    Mais, comme beaucoup de fêtes et traditions chrétiennes, la tradition des oeufs de Pâques remonte à l'Antiquité. Les Egyptiens, déjà, puis les Romains, offraient des oeufs peints, symboles de renaissance et de fertilité, aux fêtes d'équinoxes.

    Quant aux oeufs en chocolat, l'usage est finalement très récent: il faut attendre le 18ème siècle pour voir les premiers oeufs en chocolat apparaître (eh oui, il a fallu d'abord attendre l'apparition du chocolat!)

    Pourquoi, ensuite, ce oeufs sont-ils distribués par les colches? Ceci remonte au VIIème siècle, époque où l'on interdit de sonner les cloches en signe de deuil, entre le jeudi saint (jour de la Cène) et le dimanche de Pâques (jour de la résurrection). C'est donc à Pâques que les cloches 'reviennent' de Rome, en sonnant à tue-tête!

     

    Une bonne journée

     

    Tous les ingrédients d'une bonne journée:
    - se réveiller, naturellement, en douceur, sans rêveil
    - dire "je t'aime" à quelqu'un
    - entendre quelqu'un nous dire "je t'aime"
    - aller chez le dentiste qui vous dit que vos dents sont en pleine santé
    - avoir du temps pour soi
    - voir un écureuil traverser le jardin
    - rêvasser au soleil
    - passer du temps avec des amis
    - voir s'ouvrir les fleurs
     
     
    ... et se réveiller sans avoir mal au nez (:o)
     
    Et pour vous?
     
    April 08

    Poème du dimanche

    Rainer Maria Rilke

    Portrait intérieur

    Ce ne sont pas des souvenirs
    qui, en moi, t'entretiennent ;
    tu n'es pas non plus mienne
    par la force d'un beau désir.

    Ce qui te rend présente,
    c'est le détour ardent
    qu'une tendresse lente
    décrit dans mon propre sang.

    Je suis sans besoin
    de te voir apparaître ;
    il m'a suffi de naître
    pour te perdre un peu moins.

    April 04

    Des nouvelles du front

     
    J'ai reçu un drôle de coup de main. Depuis, j'ai le nez cassé. C'est pas le pied! Même pas un pied de nez! J'en ai plein le dos!
    April 03

    Portraits de voyageurs (22)

     
    Quand elle est montée dans le train, tu l'as regardée. Elle s'est assise de l'autre côté du couloir central. Quelques places plus loin, quelqu'un s'adressait fort à un téléphone portable. Tu as dû la trouver jolie, ou au moins intéressante, car tu l'as observée du coin de l'oeil, longtemps. A coup sûr, elle t'a trouvé beau: elle aussi t'a regardé longtemps en coin.
    Et puis la lassitude et la tristesse ont repris le dessus. Tu as mis ta tête entre tes mains et tu as fermé les yeux. Que peux-tu donc vivre du haut de tes dix-sept ou dix huit (?) ans qui rende si triste ta jeunesse. 
    Elle descendait à Salbris. Elle a entendu le contrôleur annoncer que tu descendais à Saint Cyr en Val.
    Elle a relevé la tablette le plus silencieusement qu'elle a pu, pour ne pas troubler ton repos et elle est sortie.
    April 02

    Le temps, le temps, le temps et rien d'autre

     
    Et l'horloge de Charles Baudelaire, à cette adresse:
     
     
    magnifique...
    April 01

    Poème du dimanche

     

    Lied

    Au mois d'avril, la terre est rose,
    Comme la jeunesse et l'amour ;
    Pucelle encore, à peine elle ose
    Payer le Printemps de retour.

    Au mois de juin, déjà plus pâle
    Et le coeur de désir troublé,
    Avec l'Eté tout brun de hâle
    Elle se cache dans le blé.

    Au mois d'août, bacchante enivrée,
    Elle offre à l'Automne son sein,
    Et roulant sur la peau tigrée,
    Fait jaillir le sang du raisin.

    En décembre, petite vieille,
    Par les frimas poudrée à blanc,
    Dans ses rêves elle réveille
    L'Hiver auprès d'elle ronflant.

     

    Théophile Gautier, Emaux et Camées.