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    February 29

    Conversation de train

     
    - Moi, j'y peux rien, je trouve que ça fait pipeule.
    - Quoi?
    - Ben, Carla Bruni, j'y peux rien: ça fait pipeule.
    - Ah, ça! C'est pas Bernadette!
    - La Carla, on la prend pas au sérieux. Et puis, si c'est vrai, le SMS de Sarko à Cécilia, ça veut tout dire. Mais bon, c'est une fille intelligente. Elle va peut-être réagir.
    - Lui en tout cas, il est très misagyne. [sic!]
    - En tout cas, qu'est-ce qu'on en aura parlé!
    - C'est clair: au moins, ça occupe!
    February 28

    Star Wars raconté par une petite fille de 3 ans

     
     
    Star Wars raconté par une petite fille de 3ans - Vidéo
     
    February 25

    Au jour le jour

     
    Vingt-et-un jour sans écrire une ligne. Vingt-et-un jours. Trois semaines. Sans avoir le temps de se poser. De lire un bouquin. D'écrire.
    En un mot: dé-bor-dée.
    J'ai passé trois semaines à courir, après des chèques, des autorisations, des attestations, des commandes, à me perdre dans les méandres d'administrations diverses et variées, tout aussi nonchalantes. Et ça m'énerve, parce que je n'ai plus le contrôle, que tout merdouille et que je ne peux rien faire pour que ça change, parce que ça ne dépend pas de moi. que je dois attendre impuissante, que ça se passe.
     
    En ce moment, je cours encore, mais moins: juste derrière des fiches sanitaires, des cartes d'identité et des cartes européennes d'assurance maladie. Presque rien, en somme; une paille.
     
    "Pourquoi tu cours? Pourquoi tu t'inquiètes? Pourquoi tu stresses? A chaque fois que je t'entends parler du voyage, tu dis que tu es inquiète!"
    Parce que pendant trois semaines, j'ai essayé de tout faire bien, en heure et en temps; et même avec beaucoup d'avance, anticipant les retards, les oublis, les problèmes et que ça ne change rien. Parce que les autres n'ont pas les mêmes échéances, et que mes délais ne sont pas les leurs et que c'est moi qui cours.
    Et parce que c'est ma responsabilité, ma crédibilité que j'engage vis à vis de l'organisme qui m'emmène à Rome, quand un comité d'entreprise ne m'envoie pas le chèque qu'il me doit, deux jours avant le paiement que le collège doit honorer (alors que ça fait un mois que j'ai envoyé les documents nécessaires) ; parce que c'est mon travail qui doit être fait en urgence, lors que le matériel arrive trois semaines avant le départ, alors que j'ai passé la commande depuis dix semaines.
     
    Et pour boucler le tout, ces élèves charmants que j'emmène en voyage non pas trouvé meilleure idée que d'aller me noter sur Note2be! Histoire de bien m'agacer, pendant mes vacances! Alors, je bataille aussi sur cet autre front, pour que mon nom disparaisse de ce bouge fangeux.
     
    Ces trois dernières semaines? Que du bonheur.
     
    Heureusement, dimanche, c'est le départ. Lundi matin, je suis au pied du Colisée et lundi soir, les pieds dans la mer...
     
    February 04

    Fable du jour

     
    La Laitière et le pot au Lait
     
    Perrette sur sa tête ayant un Pot au lait
    Bien posé sur un coussinet,
    Prétendait arriver sans encombre à la ville.
    Légère et court vêtue elle allait à grands pas ;
    Ayant mis ce jour-là, pour être plus agile,
    Cotillon simple, et souliers plats.
    Notre laitière ainsi troussée
    Comptait déjà dans sa pensée
    Tout le prix de son lait, en employait l'argent,
    Achetait un cent d'oeufs, faisait triple couvée ;
    La chose allait à bien par son soin diligent.
    Il m'est, disait-elle, facile,
    D'élever des poulets autour de ma maison :
    Le Renard sera bien habile,
    S'il ne m'en laisse assez pour avoir un cochon.
    Le porc à s'engraisser coûtera peu de son ;
    Il était quand je l'eus de grosseur raisonnable :
    J'aurai le revendant de l'argent bel et bon.
    Et qui m'empêchera de mettre en notre étable,
    Vu le prix dont il est, une vache et son veau,
    Que je verrai sauter au milieu du troupeau ?
    Perrette là-dessus saute aussi, transportée.
    Le lait tombe ; adieu veau, vache, cochon, couvée ;
    La dame de ces biens, quittant d'un oeil marri
    Sa fortune ainsi répandue,
    Va s'excuser à son mari
    En grand danger d'être battue.
    Le récit en farce en fut fait ;
    On l'appela le Pot au lait.

    Quel esprit ne bat la campagne ?
    Qui ne fait châteaux en Espagne ?
    Picrochole, Pyrrhus, la Laitière, enfin tous,
    Autant les sages que les fous ?
    Chacun songe en veillant, il n'est rien de plus doux :
    Une flatteuse erreur emporte alors nos âmes :
    Tout le bien du monde est à nous,
    Tous les honneurs, toutes les femmes.
    Quand je suis seul, je fais au plus brave un défi ;
    Je m'écarte, je vais détrôner le Sophi ;
    On m'élit roi, mon peuple m'aime ;
    Les diadèmes vont sur ma tête pleuvant :
    Quelque accident fait-il que je rentre en moi-même ;
    Je suis gros Jean comme devant.
    La Fontaine, Fables, Livre VII.
    February 03

    Poème du dimanche

     

    CASSANDRE.

    La joie régnait dans la palais de Troie avant la chute des hauts remparts de cette ville. On entendait résonner les chants de triomphe et les cordes des lyres d’or. Tous les bras de reposaient d’un douloureux combat, car le fils de Pélée demandait en mariage la fille de Priam.

    Des groupes parés de laurier s’en vont solennellement vers la demeure des Dieux, vers l’autel d’Apollon. Dans les rues règne une folle joie : un seul être reste livré à sa douleur.

    Seule et farouche, privée de toute joie, au milieu de la joie générale, Cassandre erre à l’écart dans le bois de laurier consacré à Apollon. Elle se retire au fond de la forêt et jette sur le sol son bandeau de prêtresse.

    « Tout est livré à la joie, dit-elle, tous les cœurs sont heureux, les vieux parents espèrent et ma sœur a revêtu sa parure. Moi seule je suis solitaire et triste ; car les doux pressentiments s’éloignent de moi, et je vois s’approcher de ces murs les ailes du malheur.

    « Je vois un flambeau qui brille ; mais ce n’est pas celui de l’hymen ; je vois une fumée qui monte vers les nuages, mais ce n’est pas celle des sacrifices ; je vois des fêtes qui se préparent, et dans mon esprit plein de craintes, j’entends le pas du Dieu qui jettera dans ces fêtes la douleur lamentable.

    « Et ils se raillent de mes plaintes, et ils rient de mon anxiété. Il faut que je porte dans le désert mon cœur plein d’angoisses. Ceux-ci me repoussent, ceux-là se moquent de moi. Tu m’as imposé une lourde destinée, ô Apollon, Dieu sévère.

    « Pourquoi m’as-tu chargée de proclamer tes oracles avec une pensée clairvoyante dans une ville aveugle ? Pourquoi me fais-tu voir ce que je ne puis détourner de nous ? Le sort qui nous menace doit s’accomplir, le malheur que je redoute doit arriver.

    « Faut-il soulever le voile qui cache une catastrophe prochaine ? l’erreur seule est la vie ; le savoir est la mort. Reprends, oh ! reprends le don de divination sinistre que tu m’as fait. Pour une mortelle, il est affreux d’être le vase de la vérité.

    « Rends-moi mon aveuglement ; rends-moi le bonheur de l’ignorance. Je n’ai plus chanté avec joie, depuis que tu as parlé par ma bouche. Tu m’as donné l’avenir, mais tu m’enlèves le présent, tu m’enlèves la félicité de l’heure qui s’écoule. Oh ! reprends ta faveur trompeuse.

     

    Friedrich Schiller

    February 02

    Pensée du jour

     
    Les croyances rassemblent
    Le savoir rend seul.