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    February 28

    Ma tv et moi

     
    Avez-vous remarqué comme la campagne présidentielle ressemble de plus en plus furieusement à une campagne publicitaire? ça me rappelle un peu la coupe du monde de foot de 1998. Derrière le match France-Brésil, c'était en fait un combat Adidas-Nike qui se jouait. Eh bien, là, c'est pareil: derrière le duel Ségo-Sarkho (si ça c'est pas une belle conception de produits, tout de même!) qui se répète chaque jour dans les kiosques, à la devanture des librairies, sur les panneaux publicitaires, c'est un duel entre les publicitaires de Saint Yorre ("Ségolène, pour que ça change fort") et ceux de la SNCF ("Tout devient possible") qui se jouent vraiment.
    Pas de programme, mais que de slogans (pardon, des "titres"; c'est comme ça que ça s'appelle, maintenant, non?). Même la "bravitude" a un faux air d'invention publicitaire. Quant au "Gagnant gagnant", et au "travailler plus pour gagner plus" (il aurait bien pris "le travail rend libre", mais c'était déjà pris).
    "Travailler plus", c'est certain. "Pour gagner plus", ça, c'est moins sûr. D'abord parce que tous ceux qui s'entendent pour nous faire consommer plus (et de plus en plus inutile) n'oublieront pas d'augmenter les prix quand les salaires augmenteront. Finalement ce sera gagner plus pour consommer plus et plus cher. Et puis, pour consommer quoi?  
    On avait déjà "baiser tue", "fumer tue", "boire tue", et depuis hier soir, "manger tue". (Mais on n'incrimine pas les fabricants de cigarettes qui mettent des poisons dans leurs cigarettes et des arômes de chocolat pour favoriser l'accoutumance, on n'incrimine pas les marques de l'alimentaire qui mettent force sel et matières grasses dans leurs aliments. Non, on culpabilise celui qui fume et celui qui mange. Et on le montre du doigt dans le média comme celui qui se met en danger mais qui met en danger aussi les autres et surtout qui coute cher à la sacro-sainte collectivité!  Et le pire, c'est que ce discours marche. Plus personne n'est capable de patience ou de tolérance vis à vis de son l'autre, plus personne ne se soucie de son voisin, de moins en moins se pensent membres d'une collectivité, mais ça marche. )
     
    Plus baiser, plus fumer, plus boire, plus manger, mais travailler plus avec la bénédiction de la "collectivité"; ça y est, le troisième millénaire vient d'inventer l'esclavage consenti.
     
    February 21

    Post scriptum

     
    Petit dialogue scolaire du jour:
    "Qu'est-ce qu'un post-scriptum?
    - Une boîte aux lettres!"
    February 14

    Portrait de voyageur (19)

     
    " Aujourd'hui, on est mardi. Je vois une femme sur le quai d'en face. Elle attend le train pour Paris. Comme tous les mardis. Elle aime être regardée. Tous les mardis, elle veut être regardée; elle parle haut, rit fort, fait les cents pas avec cents mimiques agacées. Aujourd'hui, elle est en représentation. Elle s'est habillée d'une jupe courte à frou-frou noirs qui se soulèvent à chaque coup de vent. Elle porte de hautes bottes. Noires, elles aussi. Ses jambes ressemblent à deux allumettes, toutes fines, toutes raides. A la manière dont elle déambule sur le quai, elle pense avoir de belles jambes. Elle écoute de la musique. Il n'y a pas d'homme sur son quai. Sur mon quai, il y en a deux. Elle esquisse une danse. De face. De côté. De dos. Encore de face. Méthodiquement. Elle les regarde. Ils ne la regardent pas. Elle les regarde plus fort. Se place dans la lumière, et recommence sa danse. De face. De côté. De dos. Encore de face. Méthodiquement.
    Elle est raide sur ses jambes. Elle bat une drôle de mesure avec son pied. Une de ses amies arrive. Elle retire les écouteurs de ses oreilles. Elle se met à parler fort. Elle s'en prend à une certaine Cynthia. Tout le monde l'entend et la regarde. Elle continue de battre la mesure.
    Notre train arrive. Les deux hommes montent. Du train, je la regarde de nouveau sur le quai. Elle a cessé de battre la mesure. Elle a cessé de parler à son amie. Elle a laissé retomber ses épaules. Fin de la représentation."
    February 11

    Petit site pour dimanche tout gris

     
    Allez, un petit site marrant pour un dimanche tout gris:
     
    February 10

    Ovide, Héroïdes, 4.

    PHÈDRE À HIPPOLYTE

    La jeune fille que la Crète a vue naître envoie au fils de l'Amazone le salut qui lui manquera à elle-même, si tu ne le lui donnes. Quelle qu'elle soit, lis ma lettre en entier. Quel mal crains-tu de cette lecture ? Peut-être même trouveras-tu quelque charme à la faire.À l'aide de ces signes, un secret parcourt et la terre et les mers. L'ennemi examine la lettre qu'il a reçue de son ennemi. Trois fois je résolus de m'entretenir avec toi, trois fois s’arrêta ma langue impuissante, trois fois le son vint expirer sur mes lèvres. La pudeur doit, autant qu'il est possible, se mêler à l'amour. Ce que je n'osai pas dire, l’amour m'a ordonné de l'écrire, et les ordres qu'Amour donne, il est dangereux de les dédaigner. Il règne, il étend ses droits sur les dieux souverains. C'est lui qui, me voyant hésiter d'abord, m'a dit : "Écris ; ce cœur de fer, se laissant vaincre, reconnaîtra des lois." Qu'il me protège, et comme il embrase mes veines d'un feu dévorant, qu'il rende aussi ton cœur favorable à mes vœux.
    Ne crois pas que ce soit par corruption de cœur que je romps les liens qui m'enchaînent. Nulle faute, et tu peux t'en enquérir, n'a terni ma renommée. L'amour exerce d'autant plus d'empire qu'on le connaît plus tard. Je brûle intérieurement, je brûle, et une blessure cruelle fait saigner mon cœur. Comme les jeunes taureaux se sentent blessés par le premier joug qu'on leur impose, comme un poulain tiré du troupeau ne peut d'abord supporter le frein, ainsi un cœur novice subit difficilement et avec peine les premières atteintes de l’amour, et le mien succombe sous ce fardeau qui l’accable. Le crime devient un art, lorsqu'il est appris dès un âge tendre. Celle qui aime tard aime avec plus de violence. Tu raviras les prémices d'un honneur resté intact, et la faute entre nous deux sera égale. C'est quelque chose que de cueillir à pleines mains des fruits dans un verger, que de détacher d'un doigt délicat la rose qui vient d' éclore. Si toutefois cette pureté native d'un cœur qui ne connut jamais le crime doit être souillée d'une tache inaccoutumée, je suis heureuse de brûler d'un feu digne de moi. Je n'ai pas fait un choix honteux, pire que l’adultère. Oui, si Junon m'offrait le dieu, son frère et son époux, il me semble qu'à Jupiter je préférerais Hippolyte.
    Déjà même, pourras-tu le croire ? je suis entraînée vers un art jusqu'alors inconnu pour moi. Je veux, d'une course rapide, suivre aussi les bêtes fauves. [...]Tes goûts sont devenus ma loi. Je voudrais parcourir l'étendue des forêts, presser le cerf dans les toiles, exciter, sur la cime des monts, l’ardeur d'une meute. Je voudrais, d’un bras vigoureux, lancer le javelot tremblant, ou reposer mon corps sur un frais gazon. Souvent je me plais à diriger un char léger à travers la poussière, et à faire sentir le frein à la bouche d'un coursier docile. Tantôt je m’élance, semblable à la prêtresse de Bacchus qu’agitent les fureurs de ce dieu, semblable à celles qui, sur le mont Ida, font résonner les tambourins, à celles à qui les Dryades, ces demi-déesses, et les Faunes à la double corne, ont soufflé un enthousiasme inconnu. Car on me redit tout, lorsque mon transport est calmé. Moi seule je connais l'amour secret qui me brûle.
    [...]

    Au temps où tu vins à Éleusis la ville de Cérès, j'aurais voulu que la terre de Gnos eût pu me retenir. Je t'aimais déjà. Tu me plus alors bien davantage. Un amour brûlant pénétra jusque dans la moelle de mes os. Ton vêtement était d'une éclatante blancheur. Des fleurs entouraient ta chevelure. Une chaste rougeur colorait tes joues d'un noble incarnat. Ce visage, que les autres femmes appellent dur et farouche, n'était point dur au jugement de Phèdre, il était mâle. Loin de moi ces jeunes gens parés comme une femme. Une beauté virile n'aime que de modestes ajustements. Cette fierté même, ces cheveux flottants sans art et une légère poussière répandue sur ton front, tout cela sied bien à sa noblesse. Soit que tu rendes flexible l'encolure rebelle d'un coursier frémissant, j'admire tes pieds qui se rapprochent en un cercle étroit ; soit que d’un bras nerveux, tu brandisses un pesant javelot, la vigueur qu'il déploie attire tous mes regards. J'aime encore à te voir la main armée d'épieux de cornouiller garnie d'un large fer. Tout, oui, tout ce que tu fais charme mes yeux.
    [...]

    Laisse fléchir ton orgueil. Ma mère a pu séduire un taureau. Seras-tu plus cruel qu'un taureau farouche ? Par Vénus qui me possède, prends pitié de moi, je t'en conjure. Puisses-tu, à ce prix, n'aimer jamais qui pourrait dédaigner ton amour ! Qu'à ce prix la déesse des forêts te protège dans ses retraites solitaires ! Que les bois touffus offrent à ton gras de nombreuses victimes ! Qu'à ce prix, les Satyres et les Pans, divinités des montagnes, te soient favorables, et que le sanglier tombe percé du fer de ta lance ! Qu'à ce prix les Nymphes, quoiqu'on dise que tu hais leur sexe, présentent à ta soif brûlante une onde qui l'apaise ! C'est au milieu des larmes que je te fais ces prières. Tu lis jusqu'au bout ces paroles suppliantes, et mes larmes, tu peux te les représenter. 

    February 06

    Là où y a d'l'OGM, y a pas de plaisir

    Les OGM sont-ils dangereux pour la santé?
    Si vous avez 22 minutes et 42 secondes, consacrez-les à visionner la vidéo en lien ci-dessous, (et vite, avant qu'elle ne disparaisse): la réponse à cette question y est. Vous allez voir, c'est effrayant.
     
     
     
     
    February 04

    Au jour le jour (6)

     
    J'avais oublié combien en ville, il ne fait jamais vraiment nuit et combien le silence n'existe pas.