Joli's profileLectures, écritures et é...PhotosBlogListsMore ![]() | Help |
|
November 28 Au jour le jour
November 26 Vive l'école de demainNovember 24 Là, j'avoue que pour le titre, j'ai pas d'idée... Et pour cause.
Manu, je le laisse, il y a six ans. Un copain. Un super copain. Rencontré je ne sais plus bien à quelle occasion. Peut-être chez un ami commun, ma cousine, ou dans un bar... Enfin, pas un bar, notre bar. Deux membres d'une petite bande de gens qui se sont trouvés, parce q'uils étaient tous un peu perdus, chacun dans leur vie. On ne se sentait pas toujours vraiment à notre place; mais de place, on n'en connaissait pas d'autre. Manu, il a commencé par dire qu'il était amoureux de moi. Et ça me faisait rire. Je n'ai jamais su s'il plaisantait ou non. En tout cas, on est devenu amis comme ça. J'étais là quand ça n'allait pas bien, quand la peur de mourir submergeait tout le reste, quand il était trop seul ou trop ... loin. Il était là quand ça allait mal avec B. (autant dire souvent: ça allait souvent mal avec B.), quand j'ai rencontré H, il était témoin à notre mariage, il est venu à la maison quand on s'est installés à Salbris pour nous aider à aménager le bureau. Un ami de dix ans. On essaie de se voir quand H et moi, on remonte en Normandie. Pas à chaque fois, mais le plus souvent possible. Restos, soirées... Bonheur de se voir.
La dernière fois qu'on s'est parlé, il avait rendu son appart, il était retourné avec ses parents. Coup de téléphone. Resto à Courseulles, en terrasse, un resto avec vue sur la mer. Contents de se revoir. On parle un peu. "T'as changé", qu'il me dit, sur un ton de reproche. (on évite les nuances de philosophe de comptoir: "j'ai pas changé, j'ai évolué".) "Moi, changé, pas sûre. Mais mes priorités, oui. Parce que j'ai un mari, un boulot, une maison. Parce que pour moi, la vie de bohème, ça ne pouvait pas durer toujours, dormir dans des cages d'escalier, sur un coin de moquette d'une arrière-boutique, me réfugier dans la caravane de M., en plein milieu d'un terrain vague, chaque fois que mes parents me font une crise, ça va à 20 ans. Mais ce n'est plus ma vie. Et même M., sa caravane, il l'a troquée pour une vie plus stable, dans une maison en pierre, avec le chauffage central et l'eau chaude au robinet. Alors, ok, ouais, j'ai peut-être changé, après tout. Et alors? On fait quoi? On se voit plus?"
On ne s'est pas quittés fachés, ce soir-là. Juste une petite pointe d'amertume dans la bouche. Je l'appelle, le lendemain. Répondeur. Message. Pas de réponse. Deux messages. Trois messages. Pas de réponses. Tant pis; il appellera quand il aura besoin, quand il aura envie. Et puis, s'i n'a pas envie, il n'appellera pas. C'est comme ça la vie. Parfois, ça fait du bien de laisser un peu de champ. Parfois on a besoin de se perdre un bon moment avant de se retrouver... ou pas.
Je l'aperçois au comptoir d'un café un an plus tard. Il détourne la tête. Je ne sais pas si c'est par hasard ou s'il m'a vue. Je cherche pas à savoir.
Cinq ans... Six peut-être...
Et je le revois, hier soir: il s'étalait sur ma télévision à la Une du journal de 20 heures de TF1, SDF au bois de Vincennes depuis six mois. Le même visage, toujours aussi marqué, les mêmes gestes, les mêmes mots, mais SDF au bois de Vincennes. Qu'est-ce qui s'est passé pendant ces six années pour qu'il soit là, SDF au bois de Vincennes. Et cette question tourne en boucle depuis hier soir. Que sont devenus ses parents? P***, il avait un boulot! des amis, même si nous, on était partis. Et ses frangins, ses parents, est-ce qu'il ssavent où il est? Qu'est-ce qui s'est passé en six ans? Question d'autant plus obsédante que ça lui ressemblerait assez d'avoir tout laissé pour aller vivre dans la rue. Dans le reportage, il parle de foyers, de la vie dans la rue, comme si ça faisait très longtemps qu'il vit ainsi. Comme s'il n'enn avait jamais été autrement. Mais il a eu une autre vie avant. Et je le sais bien, puisque j'en faisais partie...
Et maintenant, qu'est-ce que je fais? November 17 Smile: Big Brother is watching youLe 15 Octobre 2008 paraissait au Journal Officiel de la république, un appel d'offre concernant une "veille d'opinion" pour les ministères de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche. L'appel d'offre est composé de deux "lots" d'un coût global de 220.000 euros pour 2009 (100.000 pour l'Education, 120.000 pour l'Enseignement supérieur et la Recherche).Dans ledit appel d'offre on eut notamment lire :
Mais également :
Pour en savoir plus et lire l'intégralité du document: http://www.rue89.com/2008/11/09/education-220-000-euros-par-an-pour-surveiller-lopinion allez là aussi; c'est caustique et ça fait du bien(c'est là que j'ai emprunté le texte ci-dessus, bon résumé de l'appel d'offre): http://affordance.typepad.com/mon_weblog/2008/11/le-plaisir-soli.html November 16 out of orderBon, d'accord, je ne suis pas très régulière dans l'entretien de ce blog en ce moment. Et le titre de mon dernier billet laissait entendre une suite. Y en aura pas, finalement. Pas de Hic et aaaaahhhhhhhh (2), le retour de la vengeance, c'est trop loin dans le temps. Quelques indices pour vous donner une idée de ce que je ne vais pas raconter: Conforama, Home cinéma, Télécommande perdue, impossible annuler la vente, puis chèque -fait 20 minutes avant- égaré, puis impossible annuler chèque. 1h30 comme ça, avant de pouvoir enfin repartir, sans Home cinéma, certes, mais le chèque déchiré dans la poche. Finalement, le Home cinéma, on l'a commandé sur le net et il est arrivé à bon port (bon, d'accord, avec un jour de retard, parce que le transporteur s'était planté et l'avait d'abord envoyé à Lyon... Lyon, Salbris, c'ets vrai que ce sont deux communes très voisines l'une de l'autre, et puis leurs noms se ressemblent, l'erreur était tout à fait compréhensible, et m'a fait supposer un instant qu'un ennemi vengeur nous avait jeté une malédiction terrible voulant que nous n'ayons pas ce Home cinéma, que j'offrais à mon cher et tendre pour son anniversaire. Enfin! Maintenant qu'il est installé et qu'il fonctionne sans problème, mes inquiétides concernant la malédiction sont complètement dissipées. Je continue juste à penser que c'est Dieu qui me déteste, ce qui est sans doute un moindre mal, après tout.
Et puis, je suis un peu en panne. J'ai le coeur lourd et qui pleure. J'ai un peu perdu mes repères et quelques-unes de mes certitudes depuis puelques jours.
Comment ça s'est fait exactement, dans le temps, je ne sais plus, mais j'ai eu cette chance de devenir amie avec trois de mes premiers élèves. Ils m'écrivaient des lettres de leurs cours de maths, quand ils étaient au lycée, on se faisait un resto de temps en temps et petit à peti, on est vraiment devenus potes. Enfin, je crois, car j'avoue que ce soir, je ne suis plus très sure de rien. Je pensais vraiment que j'occupais une place un peu spéciale dans leur vie et dans leur coeur, comme ils occupent une place un peu spéciale dans le mien. On ne se voit pas souvent, mais à chaque fois, c'est comme si on s'était quitté la veille et on passe vraiment de très bon moments. Et puis, le premier petit truc qui a un peu ébranlé mes certitudes, c'est quand le premier d'entre eux a eu un petit garçon. Je ne l'ai appris par lui, mais par accident. Lui, il m'a prévenu trois mois après tout le monde. C'est étrange, mais javais toujours pensé que lorsqu'ils auraient des enfants, je ferai partie des premières personnes à le savoir. C'est bête mais c'est comme ça, qu'ils seraient contents de me le dire et qu'ils voudraient que je partage ça avec eux. Que je ferai un peu partie de la vie de leurs enfants.
Hier soir, le deuxième, ou plutôt sa compagne nous a annoncé qu'elle attendait un enfant pour mai. Enfin, pour être plus exact: elle ne nous a pas annoncé qu'elle attendait un enfant: nous étions tous au salon, à la maison, nous venions tous de lever nos verres à l'apéritif. Soudain, elle s'est tournée vers Nicolas (le troisième de la bande...) et lui a dit: "Tu vas être tonton.". Elle n'a pas dit: "J'ai une nouvelle à vous annoncer à vous trois". Non, ça ne s'adressait qu'à Nicolas, ni à Hervé, ni à moi, juste à lui. Et nous étions là, avec Hervé, dans notre salon, comme tombés par accident dans une conversation qui ne nous concernait pas, dans un événement dont nous étions exclus, d'emblée.
Alors j'ai dégluti un bon coup, ravalé ce mélange amer de peine, d'incompréhension et d'humiliation et fait comme si de rien n'était. Et c'est maintenant que tout le monde est parti que je pleure...
|
|
|