Joli's profileLectures, écritures et é...PhotosBlogListsMore ![]() | Help |
Lectures, écritures et états d'âme"It's just a jump to the left" |
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
May 21 Bravo papaLes textes de mon père sont exposés au musée du débarquement de Bayeux! Bientôt publié sur la Renaissance du Bessin.
February 16 Classé sans suite.Voilà, c'est fini. C'est le dernier article sur ce blog. Pas par manque d'inspiration, pas par manque de temps (même si vous vous en doutez: je suis plus que débordée!) ou d'envie. Pas par absence de plaisir. Simplement parce que je viens de réaliser que je suis de plus en plus obligée de m'auto-censurer. Et que ça n'est pas vivable.
C'est arrivé tellement de fois! La fois la plus criante, c'était alors que j'étais en train de copier en brouillon une histoire que j'avais envie de vous donner à lire. C'était plutôt long, organisé en petits chapitres; une écriture à trois voix: une voix féminine, une voix masculine et un narrateur omniscient type "oracle". Je tape une partie de la voix féminine (c'était rédigé comme un journal intime). J'enregistre le brouillon. Je laisse mon petit carnet orange ouvert, pour pouvoir finir le lendemain. JE vais me coucher. Hervé me réveille, le lendemain, furibond, prêt à crier, et me lance mon carnet, pas à la figure, mais pas loin. "Qu'est-ce que c'est que ça! tu as X pour amant (c'était dit moins gentiment que cela)! j'ai trouvé ça ouvert sur le bureau!" Et moi à essayer de lui expliquer que c'est de la littérature et que oui, bêtement, j'avais donné le nom d'un de mes amis à mon personnage masculin. Parce que ça lui allait bien, à mon personnage, et que c'était tout. Le temps m'a paru horriblement long, ce jour-là. Un pur cauchemar. Dieu merci, X était à l'autre bout du monde à la date indiquée sur ce soit-disant journal intime. J'ai ensuite pu montrer le reste: "voix masculine", "voix prophétique" avant d'être enfin crue. Je n'ai jamais rouvert mes petits carnets et je n'ai jamais fini l'histoire. J'ai supprimé le brouillon d'article. (Allez, encore un que je vais blesser au passage, pour finir en beauté!)
C'est entièrement de ma faute: je n'aurais pas dû ouvrir un blog via MSN. C'était une erreur, compte-tenu des textes que j'aime écrire. Je n'ai pas beaucoup de talents, mais il y en a un que je possède (si c'en est un): c'est l'empathie. La capacité de me mettre à la place des gens. Dans de nombreux cas, il me suffit d'observer les gens et je connais leur humeur, à quoi ils pensent, ce qui se cache derrière leurs réactions. C'est un atout formidable quand on est au contact d'ados. Parfois, c'est redoutable d'apercevoir tous les non-dits, les petites lâchetés, les peurs, les rancoeurs. Et c'est pour ça que j'écris souvent en point de vue interne. Je n'y peux rien, c'est plus simple pour moi, de me mettre à la place de mon personnage. C'est comme ça que fonctionnent les portraits de voyageurs. Entre ce type d'écrits et des pages plus personnelles. C'est toujours "je". Mais "je" n'est pas toujours moi. Avec des lecteurs anonymes, toutes ces distinctions n'ont pas d'importance. Avec les gens que je connais, elles en ont, et tout le monde ne fait pas la différence. Et je n'ai pas envie de passer du temps à me justifier, à expliquer que "je" est un autre, ou que "je", c'est moi en partie, ou qu'il faut distinguer le fait de sa retranscription littéraire.
Pendant longtemps, je ne me suis projetée que dans ces lecteurs anonymes. Je n'avais pas réalisé, par absence de commentaires que j'étais lue aussi par mes contacts MSN. Depuis que je le réalise pleinement, je m'auto-censure: ne pas écrire tel truc, parce que c'est inventé mais l'écriture à la première personne pourrait laissé penser qu'il s'agit de moi. Ou inversement avoir besoin de vider son sac, mais ne pas pouvoir le faire, pour ne pas blesser...
Les blogs, ici peuvent être destinés uniquement aux seuls contacts, ou à tout le monde; en fait - et que personne ne prenne mal ce que je vais dire! - j'aurais besoin qu'il puisse être accessible à tout le monde, sauf à mes contacts, pour retrouver une liberté de parole et de ton que je ne me permets plus.
Peut-être que je reprendrai, un jour, ici, quand le temps aura suffisamment passé. Peut-être -et même plus sûrement- ailleurs. ... Mais personne n'en saura rien! December 30 Paroles de voyageuses27-12-08 Train Orléans-Paris - départ 9h41 - arrivée 10h44. Deux femmes dans un compartiment.
9h41 -Tu veux un nougat?
9h42 - Là évidemment, on mangera pas dehors.
9h44 - A un moment, Bérangère, tu l'as plus, ou tu l'as tout le temps.
9h45 - Oh, bah, les nouvelles sont pas fraiches.
9h47 - On risque d'être décalées pour manger; ça te dérange pas si on mange vers une heure?
- Bah, si on prend un café...
9h50 - C'est un artiste optimiste, plein de couleurs et d'art déco. C'est rare mais la presse ne l'a pas taxé de mièvreurie. Souvent les artistes plein de couleurs, la presse les taxe de mièvrerie, mais pas lui.
10h05 - Virgine, elle a emmené les filles à Disney mais les filles, elles auraient préféré se balader dans Paris, comme on a fait l'année dernière avec Camille. En fait, c'est Virginie qui a des rêves hyperconformistes, parce que les filles, elles auraient préféré Paris.
10h15 - Comment quelqu'un qui boit et qui dort pas peut être responsabler de ses actes? Moi, ça m'interroge.
10h16 - Allo? Allo?... Allo? Allo? Tu m'entends? Tu m'entends? ... Allo? Allo? Y a peut-être pas de réseau, là. Allo?
10h24 - Moi je les aime bien séparément, mais pas ensemble.
10h27 - Ils ont un système hyper-injuste: les oncles et tantes paient des cadeaux qu'à leurs filleules, donc si ton parrain et ta marraine sont pas tes oncles et tantes, t'as pas de cadeau. Donc une fois, Montaine, elle s'est retrouvée avec cinq cadeaux et Constance seulement deux.
10h28 - Je trouve, du coup, que Constance, elle porte bien son nom.
10h32 - Moi, je suis idiote, j'essaie de rentrer ma langue le plus que je peux.
10h34 - Bérengère, qu'est-ce qu'elle critique!
10h36 - Surtout, y a un truc que je comprends pas, c'est que quand j'avais son âge, je restais pas assise comme ça. Elle fait rien, rien, rien.
10h38 - Ce qui les sauve, c'est qu'ils s'entendent bien entre eux. Et puis, cuisiner, elle le fait bien.
10h43 - Constance, elle me fait rire: à chaque fois que je la vois, elle me fait comme ça: "Alors, quoi de neuf?". Quoi de neuf, quoi de neuf... C'est pas facile de toujours trouver un sujet de conversation nouveau!
December 26 That's all Christmas' spirit!Ho ho ho! Je sais, je sais, ça faisait longtemps que je n'avais rien publié sur le blog mais, toujours pareil, pas le temps, pas l'inspiration, ... . Mais je reviens avec dans ma hotte une histoire exceptionnelle, pour ces temps exceptionnels! Accrochez-vous au traineau, ça décoiffe. Avec une morale double (vous choisirez celle que vous préférez suivant que vous avez passé un très bon Noël ou un Noël pourri) qui oscille entre "Trop bon, trop con." et "Malgré tous les obstacles, l'esprit de Noël a tout de même triomphé!".
Bref, notre histoire commence mercredi midi, alors que nous sommes sur la route qui nous mène à 350 km de notre maison, pour aller passer le Noël en famille, dans notre Normandie natale. Nous sommes sur une aire d'autoroute, pour manger un morceau lorsque le téléphone sonne: Ce sont les parents d'Hervé: le père d'Hervé a une gastro. Pas de repas de Noël jeudi midi, mais on peut tout de même passer manger avec eux. ( La coutume veut que nous passions le réveillon du 24 chez mes parents, dans ma famille et le repas du 25 au midi, en alternance chez les parents d'Hervé et la tante maternelle d'Hervé. Cette année, c'était au tour des parents d'Hervé d'organiser le repas du 25). Déception, contrariété, soupçon aussi, que la maman d'Hervé ne dit pas toute la vérité... On repart, en se demandant comment on va aviser. Et d'un coup, parce qu'une des cousines d'Hervé habite sur notre route, et que tous, autre cousine et tante d'Hervé réveillonnent chez eux le soir, il me vient l'idée de passer chez eux déposer les cadeaux, d'autant que certains sont périssables: si on ne peut pas se voir à Noël, que les enfants puissent au moins avoir leurs jouets, et ne pas perdre les compositions de chocolats qu'on a fait faire chez le pâtissier. On appelle, ils sont là. Joie au téléphone.
"Mais avec plaisir, passez donc. Ouais, c'est bête, les parents d'Hervé ont la grippe. On vient de l'apprendre.
- La grippe? Je croyais que Jean avait une gastro?
- Non, non, on nous a dit "la grippe". Pour les cadeaux, vous pourrez les donner demain. La tante d'Hervé a décidé d'improviser un petit repas, pour qu'on puisse tout de même fêter Noël ensemble."
"Et nous?", demande Hervé.
Moi: -Ben y a pas de raison. De toute façon, on va poser les paquets. Il sera toujours temps d'appeler ta tante, quand on sera arrivés et tu verras bien."
Arrivée, embrassade, ouverture des cadeaux, avec Martin. Pendant ce temps-là, Hervé dehors, au téléphone, pour appeler 1. sa mère pour savoir qui est malade de quoi et leur dire que s'ils sont malades tous les deux, il vaudrait mieux que l'on remette le repas à un autre jour et qu'ils restent couchés tous les deux. 2. sa tante, pour savoir comment s'organise le lendemain. Le détail de la conversation, je ne l'ai eu qu'après, lorsque nous étions de nouveau dans la voiture: "Oui, tu comprends (ça commence mal...) ... (les silences, aussi, généralement, dans les conversations, c'est pas annonciateur de bonnes nouvelles), c'est difficile... (aïe), c'était pas prévu (re-aïe) ... (blablabla). (Et enfin, le coup de grâce:) Eventuellement, vous pouvez passer pour le dessert:" (Ben oui, c'est évident, on s'est tapé 350 km pour passer prendre un dessert. Et avant, on mange où? Sur un coin de la cuisine, un morceau de jambon pris dans le frigo des parents d'Hervé pendant qu'ils sont cloués au lit avec la grippe? C'est ouvert, le Mac Do, le jour de Noël?) . Bref, on était ni prévus, ni attendus, ni même envisagés.
A ce moment-là, j'ai enfin compris ce que ressent le petit mousse dun peit navire qui n'avait ja-ja-jamais navigué au moment du dévoilement des résultats du tirage de la courte paille. Pour Hervé, ça ressemble plutôt à ce qu'a ressenti César au moment où Brutus lui a donné le coup de grâce.
Bref, revenons quelques moments en arrière, quand nous sommes encore chez la cousine, que personne à part lui ne connaît la teneur de la conversation qu'il vient d'avoir et tout le monde fait semblant de croire que si on n'est pas invités le lendemain, c'est pour éviter de vexer les parents d'Hervé. On laisse les cadeaux pour tout le monde, comme prévu au départ et on repart, un peu abasourdis. Je vous l'avais dit: trop bons, trop cons, sur ce coup-là! Et pendant un court instant, vous savez à qui j'en veux le plus? A moi. Si j'avais pas eu cette p... d'idée de vouloir donner les cadeaux, ils se seraient réunis sans nous. Nous, on n'en aurait jamais rien su. On l'aurait peut-être appris, plus tard, par accident. On aurait eu un pincement, et on aurait fait comme d'habitude, on aurait mis ça dans notre poche, avec notre mouchoir par dessus, et ce serait passer.
Nous voilà donc SNF: Sans Noël Fixe. J'appelle mes parents, pour leur expliquer pourquoi on va être en retard (oui, parce que là, il est 16h45 et mes parents nous attendaient pour 15h). Et c'est là que je réalise que j'ai une super famille. Certes, elle n'est pas parfaite: nous avons le verbe haut, le langage fleuri, des principes d'une rigidité à faire pâlir un i majuscule de jalousie et une capacité de pardon très réduite, mais ils ont assuré, sur ce coup-là: J'explique rapidement le truc à ma mère, retard oblige, qui me dit alors: "Ben, vous allez manger avec nous. On n'est que quatre, demain. Quand y en a pour quatre, y en a pour six" (En fait, chez ma mère, quand y en a pour quatre, y en a plutôt pour huit!) Brave maman, c'est dans ces moments-là que je regrette de t'en avoir tant fait voir quand j'étais ado! Grand-père heureux de savoir qu'on va passer chez lui pour l'apéro du lendemain et famille pas du tout surprise de nous voir au dit apéro, comme si c'était une évidence qu'on soit là (alors qu'on n'y reste jamais, d'habitude).
Moralité: (1)
(1) Rayez les mentions inutiles
(2) Cette phrase marche aussi avec les noms de super-héros:" Malgré tous les obstacles, Superman/Batman/Iron Man/La Ligue des Justiciers, ... a tout de même triomphé!" Je donne gratuitement les droits de cette phrase à tous ceux qui ont récupéré une figurine de super-héros, ou un costume de super-héros à Noël et qui voudraient s'en servir au moment où leur héros triomphe.
(3) Joyeux Noël à tous! December 06 Transportés au muséeNormalement, on aurait dû aller voir Musée Haut, Musée Bas, samedi dernier et Le Transporteur 3 aujourd'hui (oui, je sais: singulier mélange).
Mais méchante réaction au vaccin contre la grippe oblige, le week-end dernier, je suis restée couchée. On s'est donc dit: "On va se faire les deux films aujourd'hui!" ça tombait bien, y avait deux séances, qui se succédaient bien cet après-midi. Le hasard a voulu que l'on commence par le Transporteur 3, et , en toute logique, qu'on termine par le musée. Et le hasard a bien fait les choses... Parce que le Transporteur 3... Comment dire ça: ben, c'est du Besson-qui-s'est-dit-que-comme-la-recette-avait-déjà-marché-deux-fois-elle-marcherait-une-troisième-fois: un beau héros ténébreux, une fille rouquine à sauver à la Mila Jovovich, qui veut pas se confier au début et qui tire une gueule de six pieds de long, annonciatrice de malheurs en tous genres qui finit par craquer pour le beau héros ténébreux. Bref, une récup' du Transporteur 1, avec des réminiscences, dans les dialogues, qui m'ont rappelé plus le Cinquième Elément que le Transporteur 2. Le héros en lève sa chemise pour tous ses combats - ça, c'est pour qu'on voie bien comment qu'il est beau comment qu'il est musclé (et la femelle que je suis reconnaît tout à fait que ouiiiiiiiiiiii il est beau, il est musclé ... et en plus il a le profil des statues antiques, tout pour me plaire, donc, mais bon ça fait pas tout dans un film). Bref la troisième fois, la recette, on en fait un peu une indigestion... Le duo Statham-Berléand sauve un peu le film tout de même.
Heureusement, donc, c'est avec Musée Haut, Musée Bas que nous avons terminé notre après-midi cinéma. Un vrai bijou, drôle, totalement décalé, satirique à souhait, qui avait quelque chose de Palace, dans le ton et les couleurs. Du pur bonheur cinématographique! ça nous a donné envie de retourner au Grand Palais TransportésBandes annonces avant Le Transporteur en DVD.
- Y a du Rambo.
- Y a du ninja aussi...
- C'est du Rambo-Ninja
- Là, y a un p'tit côté Matrix.
-C'est Matrix-Ninja!
- C'est quoi le nom? Tiger Blade, comme le vampire!
- Wouah! Des Tigres-Vampires... ça fait presque peur... November 28 Au jour le jour
November 26 Vive l'école de demainNovember 24 Là, j'avoue que pour le titre, j'ai pas d'idée... Et pour cause.
Manu, je le laisse, il y a six ans. Un copain. Un super copain. Rencontré je ne sais plus bien à quelle occasion. Peut-être chez un ami commun, ma cousine, ou dans un bar... Enfin, pas un bar, notre bar. Deux membres d'une petite bande de gens qui se sont trouvés, parce q'uils étaient tous un peu perdus, chacun dans leur vie. On ne se sentait pas toujours vraiment à notre place; mais de place, on n'en connaissait pas d'autre. Manu, il a commencé par dire qu'il était amoureux de moi. Et ça me faisait rire. Je n'ai jamais su s'il plaisantait ou non. En tout cas, on est devenu amis comme ça. J'étais là quand ça n'allait pas bien, quand la peur de mourir submergeait tout le reste, quand il était trop seul ou trop ... loin. Il était là quand ça allait mal avec B. (autant dire souvent: ça allait souvent mal avec B.), quand j'ai rencontré H, il était témoin à notre mariage, il est venu à la maison quand on s'est installés à Salbris pour nous aider à aménager le bureau. Un ami de dix ans. On essaie de se voir quand H et moi, on remonte en Normandie. Pas à chaque fois, mais le plus souvent possible. Restos, soirées... Bonheur de se voir.
La dernière fois qu'on s'est parlé, il avait rendu son appart, il était retourné avec ses parents. Coup de téléphone. Resto à Courseulles, en terrasse, un resto avec vue sur la mer. Contents de se revoir. On parle un peu. "T'as changé", qu'il me dit, sur un ton de reproche. (on évite les nuances de philosophe de comptoir: "j'ai pas changé, j'ai évolué".) "Moi, changé, pas sûre. Mais mes priorités, oui. Parce que j'ai un mari, un boulot, une maison. Parce que pour moi, la vie de bohème, ça ne pouvait pas durer toujours, dormir dans des cages d'escalier, sur un coin de moquette d'une arrière-boutique, me réfugier dans la caravane de M., en plein milieu d'un terrain vague, chaque fois que mes parents me font une crise, ça va à 20 ans. Mais ce n'est plus ma vie. Et même M., sa caravane, il l'a troquée pour une vie plus stable, dans une maison en pierre, avec le chauffage central et l'eau chaude au robinet. Alors, ok, ouais, j'ai peut-être changé, après tout. Et alors? On fait quoi? On se voit plus?"
On ne s'est pas quittés fachés, ce soir-là. Juste une petite pointe d'amertume dans la bouche. Je l'appelle, le lendemain. Répondeur. Message. Pas de réponse. Deux messages. Trois messages. Pas de réponses. Tant pis; il appellera quand il aura besoin, quand il aura envie. Et puis, s'i n'a pas envie, il n'appellera pas. C'est comme ça la vie. Parfois, ça fait du bien de laisser un peu de champ. Parfois on a besoin de se perdre un bon moment avant de se retrouver... ou pas.
Je l'aperçois au comptoir d'un café un an plus tard. Il détourne la tête. Je ne sais pas si c'est par hasard ou s'il m'a vue. Je cherche pas à savoir.
Cinq ans... Six peut-être...
Et je le revois, hier soir: il s'étalait sur ma télévision à la Une du journal de 20 heures de TF1, SDF au bois de Vincennes depuis six mois. Le même visage, toujours aussi marqué, les mêmes gestes, les mêmes mots, mais SDF au bois de Vincennes. Qu'est-ce qui s'est passé pendant ces six années pour qu'il soit là, SDF au bois de Vincennes. Et cette question tourne en boucle depuis hier soir. Que sont devenus ses parents? P***, il avait un boulot! des amis, même si nous, on était partis. Et ses frangins, ses parents, est-ce qu'il ssavent où il est? Qu'est-ce qui s'est passé en six ans? Question d'autant plus obsédante que ça lui ressemblerait assez d'avoir tout laissé pour aller vivre dans la rue. Dans le reportage, il parle de foyers, de la vie dans la rue, comme si ça faisait très longtemps qu'il vit ainsi. Comme s'il n'enn avait jamais été autrement. Mais il a eu une autre vie avant. Et je le sais bien, puisque j'en faisais partie...
Et maintenant, qu'est-ce que je fais? |
|
||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||||
|
|